Depuis près d’une semaine, la capitale centrafricaine fait face à un manque criant de carburant dans les stations-services. Cette restriction d’accès, marquée notamment par l’absence d’essence, plonge les populations dans une profonde inquiétude. La situation constitue non seulement un frein à la mobilité, mais aussi un obstacle au développement économique du pays.
Très tôt le matin, les devantures des stations-services sont envahies par des automobilistes et des conducteurs de motos-taxis. Tous se bousculent dans l’espoir de se procurer du carburant afin de poursuivre leurs activités. Mais, malgré les longues files d’attente et les nombreuses tracasseries, trouver quelques litres d’essence relève désormais du parcours du combattant.Cette pénurie a naturellement entraîné une hausse des prix.
Dans plusieurs points de vente informels, le litre d’essence, jadis vendu à 1 150 F, est désormais à 1 500 F. Une situation que déplore Prince, conducteur de moto-taxi : « Je suis venu m’approvisionner en carburant, mais depuis 5 heures du matin que je suis là, on attend toujours sans aucune information. Après plusieurs heures, on nous dit que la station ne servira qu’en début d’après-midi. Je suis obligé d’aller acheter chez les revendeurs, mais là-bas aussi, le prix a augmenté : le litre est à 1 500 fcfa », a-t-il expliqué.
Le difficile accès au carburant représente non seulement un frein économique, mais exerce également une forte pression sur les usagers qui dépendent des moyens de transport pour se déplacer. Jolivia Martabe, élève au lycée Gobongo, raconte sa mésaventure : « J’ai attendu la moto en vain jusqu’à 7 h 50 pour me rendre au lycée. Quand j’en ai finalement trouvé une, le prix était trop élevé. J’ai proposé le tarif habituel, mais le conducteur a refusé. Après négociation, j’ai pu payer 400 F pour qu’il me dépose au lycée. C’est vraiment dur, je suis encore élève. Je demande au gouvernement de trouver une solution », a-t-elle lancé.
Pendant que certaines stations restent fermées, d’autres ouvrent mais ne fonctionnent que quelques heures avant d’annoncer une rupture de stock. Interrogés, plusieurs gérants affirment qu’ils ne disposent pas de réserves suffisantes, mais assurent que des citernes transportant du carburant seraient en route.
Le difficile accès au carburant à la pompe à Bangui est bien plus qu’un simple manque d’énergie : c’est une crise qui affecte la vie quotidienne, l’économie locale et la mobilité de l’ensemble de la capitale.
