Malgré l’adoption, le 25 mai 2020, d’une loi interdisant la production, l’importation, la commercialisation, la distribution et la détention des emballages et sachets plastiques, la République centrafricaine continue de faire face à un problème persistant : l’utilisation généralisée de ces déchets. De nombreux commerçants et clients continuent d’en faire usage, et les objets non biodégradables jonchent désormais les rues de Bangui. Quelles répercussions cela pourrait-il avoir sur un environnement déjà en mutation à cause du changement climatique ?
Les sachets plastiques, dont l’usage est prohibé depuis plusieurs années, envahissent actuellement la capitale centrafricaine, qui aspire à être harmonieuse et saine. L’ampleur de cette insalubrité est frappante, tant dans les lieux publics que dans les quartiers, avec une concentration notable dans les marchés, comme celui de Miskine.
Du côté des usagers, la prolifération des sacs en plastique dans la ville est attribuée à l’irresponsabilité du gouvernement. Une acheteuse du marché de Miskine, qui a souhaité rester anonyme, déclare : « Si nous continuons à voir ces sachets plastiques traînés un peu partout, c’est parce que le gouvernement n’a pas proposé d’alternatives. De plus, je critique la défaillance de la mairie de Bangui, qui est censée garantir la propreté de la ville. C’est dommage, mais c’est l’inverse qui se produit. »
Bien que certains commerçants et clients rejettent la responsabilité de l’omniprésence des déchets plastiques sur le gouvernement, d’autres citoyens estiment que chaque individu a un rôle à jouer.
Apollinaire Yamba, premier conseiller à la Maison de jeunes du deuxième arrondissement de Bangui, déclare : « Pour qu’une ville soit saine, il faut un mouvement collectif. C’est une question de volonté commune. Mobilisons-nous pour lutter contre l’insalubrité qui envahit notre société. Ne comptons pas uniquement sur le gouvernement ou la mairie. »
Quant à Eric Sanghot, juriste et environnementaliste, il met en garde contre la mauvaise gestion des déchets non biodégradables, soulignant que cela constitue un grand danger non seulement pour l’écosystème, mais aussi pour la santé humaine. « Il est important de rappeler qu’un sachet peut rester des années enfouies sans se dégrader. Plus il dure, plus il pollue, impactant ainsi la santé de l’homme et la qualité des aliments qu’il consomme. De surcroît, ces déchets, jetés partout, sont parfois à l’origine d’inondations et d’autres problèmes », explique-t-il.
Malgré le lancement de l’opération Kwa Ti Kodro, destinée à lutter contre l’insalubrité, la capitale centrafricaine demeure impropre, soulignant l’urgence d’une solution collective et coordonnée pour faire face à cette crise environnementale.
