La Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui a poursuivi le jeudi 4 décembre 2025 la lecture de l’acte d’accusation pour chaque accusé, accompagnée de la présentation de leurs droits : le droit de garder le silence, le droit d’être assisté d’un avocat, et le droit de bénéficier d’un interprète.
Cinq des six accusés étaient présents face au parquet spécial et aux parties civiles lors de cette audience. Il s’agit de Mathurin KOMBO, François BOYBANDA, Philémon KAHENA alias CB, Dieudonné GOMITOUA, et Edmond BEINA. L’absence de Jean BAHARA, le sixième accusé, a été particulièrement remarquée et a immédiatement impacté le déroulement de l’audience.
La lecture des actes d’accusation a été longue et détaillée pour chacun des prévenus. Le parquet a rappelé les faits reprochés, les témoignages recueillis, ainsi que les circonstances dans lesquelles les actes auraient été commis. Tous les accusés sont poursuivis pour des crimes contre l’humanité, notamment pour avoir tué des personnes à « Gadzi » dans la région de Mondjo, pour viols et autres formes de violence sexuelle, pour le déplacement forcé de populations civiles, ainsi que pour extermination et mariage forcé. Après la lecture des accusations, les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés.
La situation de Jean BAHARA, qui n’a pas assisté à l’audience, a retenu l’attention.Son nom apparaît dans plusieurs témoignages, mais aucune justification n’a été fournie pour son absence. Le président de la Cour a donc annoncé qu’il serait jugé par contumace.
À la sortie de la salle d’audience, Me Euloge Fortuné MOCPAT, avocat de la défense, a insisté sur la nécessité de respecter le droit de la défense conformément aux articles 172 et 173 du Règlement de Procédure et de Preuves (RPP). Il a souligné que pour l’ouverture du procès en contumace, les formalités préalables doivent être respectées. « Nous avons constaté qu’il n’y avait pas eu d’affichage au domicile et à la mairie de la localité de M. KAHENA, qui est un contumace. De plus, le procès-verbal d’affichage mentionne une date du 25 juillet 2025, alors que la décision du Président ordonnant l’affichage date du 31 octobre 2025. Ces affichages auraient dû être postérieurs à cette décision », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Me Samuel DANGASSA, avocat de la partie civile, a rappelé que ce procès est essentiel à la quête de vérité, mais aussi pour la reconstruction morale des survivants. « Nous espérons que la vérité émerge durant ce procès, car bien que les accusés prétendent ne pas se reconnaître dans les accusations, les débats nous éclaireront sur les événements et sur la responsabilité des prévenus », a-t-il affirmé.
Suite aux dénégations des prévenus et à l’annonce du jugement par contumace de Jean BAHARA, le président de la cour a décidé de renvoyer l’audience au lundi 8 décembre 2025 pour l’audition du premier témoin.
