Lancée le 13 décembre 2025 par l’Autorité nationale des élections (ANE), la campagne électorale, qui est une étape cruciale, permettant aux électeurs de découvrir chaque candidat à travers ses projets de société afin de prendre une décision responsable, devient chez certains jeunes de la capitale Bangui, une occasion en or de se lancer dans des comportements inciviques.
Dans un contexte où la voix de chaque électeur est plus précieuse que l’or, la jeunesse qui représente la majorité de la population centrafricaine, occupe une place essentielle. Elle est censée réagir en toute conscience et liberté pour garantir son avenir, car choisir son candidat, c’est choisir son destin.
Force est de comprendre à travers ses actes que l’importance de la campagne électorale se résume à une simple opportunité de « foutre la merdre » : manger, boire et peut-être avoir quelques billets de banque. Et non pour étudier chaque candidat, d’analyser ses projets de société et ses réalisations dans le pays afin de faire un choix éclairé. « Je n’apprécie pas trop les désordres que font certains confrères. Je ne sais pas s’ils sont conscients de leurs actes, est-ce qu’ils voient les dangers que cela représente ? », a souligné Ki-zerbo ATABOYE, étudiant en master 1 en Sociologie à l’Université de Bangui
Outre, on dit souvent « la main qui donne commande » cet adage conduit certains individus croisés dans la rue à un grand doute sur le critère de choix de ces adolescents, soit disant qu’ils feront la volonté du candidat qui leurs a donné un peu de sucre, de savon … ce qui a fait réagir Madouzou Moïse, âgé de 75 ans, qui pointé du doigt les responsables comme socle de ce problème :« Vous savez , tout ce qui arrive aujourd’hui, la faute revient aux cadres de ce pays, ils auraient dû éduquer et informer ces enfants en amont afin qu’ils ne soient pas manipulé par les politiques comme on le voit », a dit-il.
Cette triste réalité n’échappe pas aux leaders jeunes, à l’instar de Delphin Junior Kogoro, un leader jeune au quartier Gobongo qui appelle ces derniers à faire preuve de responsabilité : « Jeunesse centrafricaine, il est temps de prouver aux yeux du monde qu’on est responsable et digne comme le veut notre devise », a-déclaré ce leader.
Alors que la jeunesse constitue une grande partie de la population centrafricaine, ces comportements soulèvent d’importantes questions. Cette phase décisive pour l’avenir du pays pourrait-elle être marquée par la manipulation des jeunes, ou ceux-ci sauront-ils faire preuve de maturité et de responsabilité ?
