Après des années de crimes restés impunis en République centrafricaine (RCA), la Cour pénale internationale (CPI) a rendu son verdict contre deux anciens chefs rebelles anti-balaka. Patrice-Édouard Ngaïssona et Alfred Yekatom ont été condamnés à de lourdes peines de prison à l’issue de plusieurs années d’enquête et de procédure judiciaire.
Patrice-Édouard Ngaïssona, ancien ministre des Sports et ex-président de la Fédération centrafricaine de football, était l’un des principaux leaders du mouvement anti-balaka. Ce groupe armé est accusé d’avoir mené de violentes attaques contre des civils, notamment musulmans, durant la crise de 2013-2014 en République centrafricaine. Arrêté en 2018, Ngaïssona a été reconnu coupable de plusieurs crimes, dont des meurtres, des actes de torture et des attaques contre des populations civiles. Ce qui a permis à la CPI de lui Il condamner à 12 ans de prison.
Son allié, Alfred Yekatom, surnommé « Rambo », ancien chef de milice et homme politique centrafricain, a quant à lui été condamné à 15 ans de prison. Il a été reconnu coupable de crimes contre l’humanité commis entre 2013 et 2014, notamment pour meurtre, torture, déportation et persécution pour des motifs religieux.
Selon la CPI, les enquêtes menées avant leur arrestation en 2018 ont permis d’établir la responsabilité directe des deux accusés dans de graves violations du droit international humanitaire. Ces condamnations marquent une étape majeure dans la lutte contre l’impunité en République centrafricaine.
Ce verdict constitue un tournant décisif pour les victimes et leurs familles, longtemps privées de justice. Toutefois, si cette décision représente un pas important vers la reconnaissance des crimes commis, le chemin vers une réconciliation durable, la paix et la stabilité en RCA reste encore long. Il demeure essentiel que ces avancées judiciaires contribuent à apaiser les tensions et à renforcer la confiance dans la justice internationale.
