Le 25 janvier 2026, des agents des douanes et ceux de la gendarmerie, ont immobilisé deux ambulances provenant du centre de santé de Kongbo et de l’hôpital secondaire de Ouandja-Koto. Ces véhicules médicaux, censés assurer le transport des patients, ont été interceptés pour excès de vitesse et transport irrégulier de personnes et de marchandises, dont un cabri vivant.
Selon les constats effectués lors du contrôle, les ambulances transportaient plus de cinq personnes, des bagages comme sacs de maniocs, du café, de charbon qui sont des produits inhabituels pour ce type de véhicule. Cette situation a suscité l’indignation et de nombreuses interrogations sur l’usage détourné des moyens médicaux mis à la disposition des formations sanitaires.
L’arrestation de cette ambulance du centre de santé de Kongbo à damara, suivie de celle de l’hôpital secondaire de Ouandja-Koto à pk22 au poste de Nguerengou, soulèvent de vives inquiétudes quant à la sécurité, à l’éthique et à l’intégrité des services médicaux dans les régions concernées.
Interpellé à Damara par la gendarmerie alors qu’il venait du centre de santé de Kongbo dans le district sanitaire d’Alindao/Mingala, le conducteur de l’une des ambulances, poursuivi pour excès de vitesse et transport de passagers, a reconnu les faits. Il affirme avoir agi sur instruction de sa hiérarchie : « Les sacs de manioc et de café que vous avez vus dans le véhicule, c’est mon chef qui m’a envoyé les acheter. Quant aux sacs de charbon, c’est moi qui les ai achetés. Les cinq personnes à bord sont des agents de l’État que j’ai rencontrés en chemin ; ils m’ont simplement demandé de les déposer à Bangui », a-t-il confié.
Réagissant à cette affaire, Gislain Ndjanga, surveillant général de l’hôpital de Damara, a rappelé la mission première d’une ambulance : « La fonction d’une ambulance est de transporter les malades vers des structures de référence. À l’hôpital de Damara, lorsque l’état d’un patient s’aggrave, il est transféré à Bangui. Cependant bien mais avant le départ, le conducteur est toujours informé de l’état du patient transporté. » a-t-il déclaré
De son côté, la maire de Damara a appelé les responsables sanitaires à assumer pleinement leurs responsabilités : « J’appelle les responsables sanitaires à prendre leurs responsabilités face à de telles situations. Une ambulance n’est ni un véhicule de commerce ni un moyen de transport ordinaire. Si le gouvernement a mis ces ambulances à disposition des centres de santés, c’est pour sauver des vies. » t-elle- précisé
Après l’interpellation de ces ambulances par les agents des douanes et de la gendarmerie, une équipe du ministère de la Santé et de la Population, en mission dans la zone, s’est rendue au poste de contrôle afin d’échanger avec les forces de sécurité et tenter de trouver une issue à cette situation.
Il convient de rappeler que le président Faustin Archange Touadera avait procédé, le 6 novembre 2025, à la remise de plus de 37 ambulances dans le but de renforcer le système de santé et de réduire la mortalité maternelle et infantile en République centrafricaine. Pour l’heure, le ministère de la Santé et de la Population n’a pas encore publié de déclaration officielle concernant cette affaire préoccupante.
