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Dans le village de Gboyo, situé à 80 kilomètres sur l’axe Sibut-Damara, les cultivateurs de manioc tirent la sonnette d’alarme face aux difficultés liées au séchage de leur production. L’absence d’aires de séchage, appelées localement « Lakéré », complique sérieusement cette étape essentielle de transformation. Contraints d’étaler les morceaux de manioc directement sur la chaussée, les producteurs sollicitent l’appui du gouvernement.

Très consommé par la population, le manioc constitue l’un des aliments de base, non seulement à Gboyo, mais aussi sur toute l’étendue du territoire centrafricain. Cependant, faute d’aires appropriées, les producteurs sont obligés de sécher leur production à même le sol. Une pratique qui expose le produit à de nombreux risques : passage de véhicules lourds, poussière, pollution et intrusion d’animaux domestiques. Ces contraintes entraînent d’importantes pertes et réduisent considérablement les revenus des ménages agricoles. Nadège, cultivatrice et transformatrice, partage son calvaire quotidien : « Nous manquons d’eau, de barriques pour le trempage et surtout de Lakéré. Sans ces équipements, les chèvres mangent nos produits et les camions les écrasent. Nous subissons beaucoup de pertes », a-t-elle confié.

Consciente des dangers liés à cette situation, elle affirme ne pas avoir d’autre choix : « Nous savons que l’exposition de nos produits au bord de la route et sur la chaussée représente un danger pour nous ainsi que pour la santé des consommateurs. Mais nous sommes obligés, car il n’y a pas d’aire de séchage dans notre village. Si nous en avions une, nous ne sécherions pas nos produits ici », a-t-elle ajouté.

Pour Jean-Luc, un autre acteur de la filière, la qualité du manioc pourrait s’améliorer si des moyens appropriés étaient mis à leur disposition : « Si nous disposions d’aires de séchage aménagées, de bâches propres et d’un point d’eau, la qualité de notre manioc s’améliorerait considérablement. Aujourd’hui, nous sommes obligés de sécher les produits dans des conditions précaires, ce qui les expose à la poussière et aux animaux. Avec des moyens appropriés, nous pourrions produire un manioc plus propre, mieux conservé et plus sûr pour les consommateurs. Cela nous permettrait aussi de mieux vendre notre production et d’augmenter nos revenus. C’est pourquoi nous demandons aux autorités du pays et aux organisations non gouvernementales de nous venir en aide », a-t-il lancé.

Notons que dans cette localité où la culture du manioc constitue une activité économique majeure, les producteurs espèrent que leurs cris détresses seront entendus. Pour eux, la mise en place d’infrastructures simples mais adaptées représenterait un pas décisif vers une production plus sûre, plus rentable et capable de répondre durablement aux besoins alimentaires de la région.

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