Sous des toits de paille qui laissent passer poussière et pluie, les enfants de l’école mixte de Gbaté, située à 68 km de Sibut, dans le village de Yakoro, sur l’axe Sibut-Grimari, tentent chaque jour d’apprendre malgré le manque cruel de matériel scolaire adéquat. Cette école, construite traditionnellement avec des maisons en paille, se trouve dans des conditions de plus en plus précaires, affectant gravement la qualité de l’apprentissage des élèves. Une situation préoccupante qui menace sérieusement l’accès à l’éducation dans cette localité. Face à cette triste réalité, les habitants et les parents d’élèves lancent un cri d’alarme auprès du gouvernement et des partenaires pour venir en aide à cette école en détresse.
Assis sur des tables-bancs bricolés en bois, souvent instables et insuffisants, les conditions d’apprentissage dans cette école suscitent une inquiétude croissante. L’absence de salles de classe adaptées, ainsi que le manque d’outils pédagogiques appropriés, empêchent une véritable progression des élèves, qui se trouvent souvent entre l’assiduité et l’abandon. Salomon BATAMALE, élève en classe de CM1, partage son calvaire avec émotion : « Je suis en classe de CM1. Depuis la création de notre école, nous apprenons toujours dans ces conditions. Nous n’avons pas de classes appropriées, ni de tables-bancs pour nous asseoir et suivre les cours. À chaque fois qu’il menace de pleuvoir, on nous libère pour rentrer », a-t-il expliqué.
Cette situation n’est pas sans conséquences. Selon Grac NOUFADI, la situation se complique davantage au fur et à mesure que le nombre d’élèves augmente : « Ici à l’école de Gbaté, nous sommes très nombreux. Dans notre salle de classe, certains élèves qui arrivent en retard sont parfois contraints de s’asseoir par terre pour étudier », a-t-il confié.
Pour certains parents d’élèves de ce village, l’école représente bien plus qu’un simple lieu d’apprentissage : elle est le garant d’un avenir meilleur pour la République centrafricaine. En dépit des difficultés liées à l’insuffisance de matériel et à l’absence de salles de classe adaptées, cette école fait face à un autre problème majeur : le manque d’enseignants qualifiés. Sous couvert d’anonymat, un parent d’élève témoigne et lance un appel à l’aide : « J’ai inscrit mon enfant à l’école mixte de Gbaté. Mais ici, ce sont des maîtres parents qui enseignent, car on nous a dit que l’État a envoyé des enseignants dans les écoles pour encadrer les enfants, mais ici ce n’est pas le cas. C’est pourquoi je demande aux autorités locales, aux ONG et aux partenaires de venir en aide à l’école mixte de Gbaté. Vous voyez vous-mêmes dans quelles conditions les enfants travaillent », a-t-il déclaré.
Il est important de souligner qu’au village Yakoro, l’éducation ne représente pas seulement un moyen de transmissions des connaissances, elle incarne l’espoir d’un avenir différent pour toute une génération. Les habitants, unis par leur attachement à l’éducation, continuent de se mobiliser pour offrir à leurs enfants les mêmes chances que ceux des grandes villes. Sans une intervention rapide et coordonnée, l’avenir des jeunes élèves de Gbaté reste incertain.
