Le village de Greko, situé à environ 11 km de la ville de Grimari, sur l’axe Grimari-Koango, fait face à une grave pénurie d’eau potable. Cette situation, marquée par l’absence totale de forages ou de puits, oblige les habitants à consommer l’eau de source, ce qui représente un danger majeur pour la santé des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées de la localité. Une réalité qui nécessite une intervention urgente des autorités locales et du gouvernement afin de venir en aide à cette population abandonnée à son triste sort.
Dans ce village, l’eau potable n’est pas seulement un luxe, mais un droit. Cependant, en l’absence de forages et de puits, les femmes et les enfants sont obligés de parcourir 2 km dans la forêt pour s’approvisionner en eau de source. Une situation exigeante, mais indispensable pour la survie de la communauté. Silvie BAYIRI, une mère de famille, partage son calvaire : « Ici, au village de Greko, si nous voulons aller chercher de l’eau, il faut parcourir 2 km dans la forêt. Mais comme vous avez vu, l’eau que nous consommons n’est pas potable, mais on est obligé de boire ça, il n’y a pas de forage ni de puits dans ce village », a-t-elle expliqué.
Bien que consommée par la population de ce village, cette source non protégée est aussi un lieu où certains animaux viennent boire. Levicia Yanguebanda confirme avoir aperçu à plusieurs reprises des serpents et d’autres espèces animales sur cette source : « Ici, à la source, lorsque nous arrivons, parfois on trouve des serpents ou d’autres espèces animales venus boire de l’eau. L’autre soir, quand j’étais arrivée, heureusement que j’avais une torche. J’ai vu un serpent dans l’eau en train de boire. Je l’ai chassé en vain. Après avoir terminé de boire, il a repris son chemin, et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à remplir mon bidon pour rentrer », confie-t-elle
Loin de là, la consommation de ces eaux contaminées n’est pas sans conséquence sur la santé des habitants. Au cours des deux derniers mois, quatre enfants ont perdu la vie suite à des maladies liées à la contamination de cette source. William Bonne, l’un des parents qui a perdu son enfant âgé de 2 ans, témoigne : « Mon enfant, âgé de 2 ans, était tombé malade. Après lui avoir acheté des médicaments, il se sentait mieux. Cependant, quelques jours plus tard, son ventre a commencé à gonfler. Lorsque sa maman a cherché à l’amener à l’hôpital de Grimari, il est décédé », a-t-il déclaré avec les larmes aux yeux.
Conscient des difficultés auxquelles sont confrontés ses habitants, le chef du village, Toma Saramale, lance un appel à l’aide : « Dans mon village, notre plus grand souci est de trouver de l’eau potable. Comme vous le constatez, nous n’avons pas de centre de santé de proximité. Mais si nous consommons ces eaux impures, et que nous tombons malades, que ferons-nous ? Je demande au gouvernement et aux partenaires de venir nous construire des forages, et pourquoi pas un centre de santé. », a-t-il exprimé
Notons que la situation du village Greko met en lumière les défis auxquels sont confrontées de nombreuses localités rurales, privées des infrastructures les plus élémentaires, comme, l’absence d’eau potable et l’accès limité aux soins de santé. Sans intervention rapide des autorités et des partenaires humanitaires, les conséquences sur la santé publique risquent de se multiplier, condamnant une nouvelle génération à grandir dans la précarité et l’insécurité sanitaire.
