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La Cour pénale spéciale a repris ce lundi 2 mars 2026 l’examen de l’affaire dite « Guen », un dossier lié aux violences survenues dans cette localité. Cette audience a été principalement consacrée à la présentation de plusieurs pièces à conviction audiovisuelles, projetées à la demande du Parquet spécial et des avocats de la partie civile.

Au cours des débats, les juges ont visionné des vidéos montrant des témoignages recueillis sur place, ainsi que des images de certains lieux affectés par les attaques. Parmi les séquences figurait l’audition de Edmond BEINA, dans laquelle il déclare que les 44 civils tués étaient des éléments de la Séléka. Prenant la parole, le substitut du procureur spécial, Alexandre TINDANO, a commenté ces images, estimant qu’elles contiennent des éléments importants pour la compréhension des faits, en particulier lorsqu’il est question de la présence de l’accusé durant les événements.

En effet, la projection a montré le témoignage poignant d’une jeune fille de 12 ans, originaire de Guen et actuellement réfugiée à Carnot. Elle a décrit les circonstances dans lesquelles son père a été tué et a expliqué sa situation actuelle après les événements tragiques.Pour la partie civile, ces éléments audiovisuels contribuent à illustrer les faits reprochés aux accusés.

Cependant, la Défense a contesté la valeur probante de ces vidéos. Me Euloge MOCKPAT a souligné que ses clients, Philémon KAHENA et Mathurin KOMBO, n’apparaissent pas dans les séquences projetées, et qu’aucun témoignage direct ne les met formellement en cause. De son côté, Me TABANGUE, avocat d’Edmond BEINA, a rejeté toute implication de son client, arguant que les vidéos ne démontrent pas sa participation aux attaques.

Dans la même logique, Me Claude NGAISSET PESSINAM, avocat de Jean BAHARA, a insisté sur l’absence du nom et de l’image de son client dans les vidéos. Me Fred MAKPEVO, représentant François BOYBANDA et Dieudonné GOMITOUA, a soutenu que la Cour ne peut se fonder uniquement sur des témoignages filmés sans preuves matérielles établissant clairement la responsabilité individuelle.

En réponse, le substitut Alexandre TINDANO a attiré l’attention de la Cour sur certains éléments contextuels, notamment le déplacement de Mathurin KOMBO depuis Tedoua vers Guen en compagnie d’Edmond BEINA, ce qui, selon l’accusation, constitue un indice de participation aux attaques.

Les juges ont ensuite examiné d’autres pièces à conviction, dont une liste de membres et de responsables du groupe Antibalaka. Plusieurs avocats de la Défense ont relevé que les noms de leurs clients n’y figuraient pas, tandis que Me Fred MAKPEVO a développé une analyse du contexte sécuritaire afin de situer la participation alléguée de chaque accusé.À l’issue des échanges, la Cour a suspendu les débats et a renvoyé la reprise de l’audience au 16 mars 2026.

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