À Mongoumba, dans le sud de la République centrafricaine, les femmes continuent de subir, de manière répétée, des violences basées sur le genre, malgré les efforts de sensibilisation menés à l’échelle nationale et internationale. Ces actes, majoritairement commis au sein du foyer par des hommes, s’inscrivent dans le quotidien de nombreuses victimes et sont perçus comme une pratique normale, voire tolérée dans certains milieux sociaux. Face à cette situation, elles demandent que des mesures urgentes soient prises afin de garantir leurs droits fondamentaux.
Battues, humiliées, privées parfois de leurs droits les plus élémentaires, ces femmes subissent des violences répétées au sein de leur propre foyer. Ces abus, infligés le plus souvent par leurs conjoints, laissent des séquelles physiques et psychologiques profondes dans leur vie quotidienne. Naomie, une victime partage son calvaire : « ça fait aujourd’hui quelques jours que mon mari m’a frappé parce que le repas n’était pas encore prêt, alors qu’il ne m’avait même pas donné un franc avant d’aller boire. Si je suis encore chez lui, c’est à cause de mes enfants, sinon j’aurais regagné mes parents », a-t-elle confié.
Selon les témoignages recueillis au quartier Campagnie 2, les principaux facteurs de ces violences faites aux femmes demeurent la consommation de d’alcool de traite et d’autres boissons. Rachelle, mère de quatre enfants, affirme avoir quitté son mari pour échapper à cette situation, car d’après elle, les épisodes de violence survenaient souvent après la consommation d’alcool : « Je me suis séparée de mon mari il n’y a pas longtemps à cause de son comportement. À chaque fois qu’il boit, il devient violent. Quand il ne boit pas, je suis en paix, mais avec ce rythme, où vais-je? Je ne suis pas son esclave. J’ai l’impression qu’ici, les hommes n’ont pas d’estime pour les femmes », a-t-elle livré.
Face à cette situation, Huguette Nzangbélé, présidente de l’OFCA de Mongoumba, lance un appel aux autorités pour une intervention urgente : « Je reçois régulièrement des plaintes de femmes concernant les violences. Je les conseille parfois ou les accompagne dans des démarches juridiques afin que leurs maris soient sanctionnés et puissent se ressaisir. Mais malgré cela, ils persistent. J’aimerais que l’État mette en place des brigades spécialisées pour traiter ce type de problème dans notre communauté. C’est trop », a-t-elle déclaré.
Notons que la Constitution du 30 août 2023, dans son Article 14, engage l’État à lutter contre les violences faites aux femmes. Pourtant, à Mongoumba, ces violences persistent, révélant un décalage entre le texte et la réalité. Cette situation souligne l’urgence de mesures concrètes, telles que des brigades spécialisées et un accompagnement juridique renforcé, pour que les droits des femmes soient protégés dans cette localité.
