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L’audience du 8 décembre 2025 devant la Cour pénale spéciale (CPS) a été marquée par le témoignage d’un témoin protégé désigné sous le nom de « GU1 ». Appelé à la barre pour éclairer les juges sur les violences commises dans la localité de Guen, il a décrit des scènes marquantes impliquant plusieurs accusés.

L’audience s’est ouverte à 10h05 sous la présidence du Juge Aimé Pascal Delimo, en présence des juges Émile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena, ainsi que des greffiers Marie Madeleine Touakouzou et Florentin Darre.

Le témoin « GU1 » a comparu dans une cabine sécurisée, avec une voix modifiée pour garantir son anonymat. Après avoir prêté serment, il a expliqué n’avoir jamais eu de lien direct avec les accusés, mais a longuement décrit les violences qui ont frappé la ville de Guen. Ancien imam et collecteur de diamants, il a témoigné des attaques contre la mosquée et des exactions répétées, commises selon lui par les Anti-balaka pendant plusieurs semaines.

Le témoin a estimé à au moins 42 le nombre d’assaillants présents lors des faits, précisant que le groupe semblait particulièrement organisé. Il a également évoqué l’assassinat d’un jeune musulman dans le village de Djomo, abattu alors qu’il tentait de fuir les violences pour se réfugier sur un chantier minier. Interrogé par le président, il a détaillé plusieurs actes inhumains commis contre des civils, tout en reconnaissant la difficulté d’attribuer chaque crime à un accusé précis.

Les avocats ont ensuite engagé une série de contre-interrogatoires. Me Samuel Dangassa, avocat de la partie civile, a demandé au témoin s’il avait assisté directement aux violences. GU1 a précisé qu’il n’était pas présent au moment des faits, mais qu’il avait vu les corps des victimes, dont deux enfants présentant des blessures infligées par armes blanches. Il a identifié Edmond Beina, Mathurin Kombo et Jean Bahara comme auteurs présumés des attaques à Guen, imputant notamment à Bahara la mort de son frère.

Selon lui, les attaques visaient clairement les civils musulmans, pris pour cibles en raison de leur appartenance communautaire.L’avocat de Jean Bahara, maître Ngaiset Pessiname, a contesté la fiabilité du témoignage, en soulignant une confusion manifeste entre « Jean Bara » et son client. Il a soutenu qu’aucune preuve matérielle n’impliquait Bahara dans l’assassinat de M. Bandjikorou et a souligné l’absence d’éléments établir une responsabilité individuelle.

Concernant Dieudonné Gonitoua, le témoin n’a pas pu confirmer sa participation directe, mais a reconnu que les Anti-balaka avaient installé leur base non loin de son domicile.Maître Tabangue, défenseur d’Edmond Beina, a demandé davantage de précisions sur l’organisation des Anti-balaka à Guen.

Le témoin a mentionné l’existence de cinq bases opérationnelles, selon lui contrôlées par Beina. Il est revenu sur plusieurs scènes de violence, notamment les meurtres commis près du domicile d’Ali Garba. Parmi les victimes se trouvaient deux enfants dont les corps présentaient des blessures infligées à l’arme blanche, illustrant la brutalité des attaques perpétrées dans la région.

Après plus de six heures d’audience, ponctuées par des récits éprouvants et des contradictions soulevées par les avocats, les juges ont levé la séance à 16h19. La Cour a annoncé la reprise des travaux le mardi 9 décembre à 10h00 avec l’audition d’un nouveau témoin.

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