Venant de différents horizons du pays, les étudiants vivant sur le campus de l’École normale supérieure (ENS), situé sur l’avenue des Martyrs, à côté de l’hôpital communautaire de Bangui, se trouvent depuis plusieurs décennies dans des conditions précaires. Ils se sentent « presque abandonnés » à leur propre sort, ce qui a un impact significatif sur leurs études.
D’abord, la vétusté de certaines infrastructures, notamment les douches, les balcons et l’environnement du campus, illustre le niveau d’abandon de ces résidents. Pour subvenir à leurs besoins, de nombreux étudiants en majorité originaires des provinces se tournent vers des activités génératrices de revenus. Certains vendent du yaourt, de l’eau fraîche, effectuent des transferts de crédit, tandis que d’autres s’adonnent aux petits jardins.
« Mes parents ne sont pas à Bangui. Cela fait plusieurs années que je vis sur le campus, mais ce n’est pas facile. C’est pourquoi je me suis lancé dans la vente de yaourt. C’est ma seule source de revenus », a témoigné Yembe-Gana Ezéchiel.
Selon ces résidents, à part la pitance appelée « 140 » que l’Université de Bangui envoie chaque jour à 13 heures, mais en quantité insuffisante, toutes les autres charges, en particulier la scolarité, reposent entièrement sur eux. Ce qui entraîne des cas de déperdition, surtout chez ceux venus des provinces.
« Cela fait déjà quatre ans que je vis sur le campus, et tout ce qui concerne mes études ne dépend que de moi. Ce n’est que cette année, par la grâce de Dieu, que j’ai eu la bourse. Avant cela, j’ai beaucoup souffert. Je viens de Bangassou, et ici c’est un véritable calvaire. C’est ce qui pousse certains à abandonner », a confié Ngboti Paterne, représentant du chef de bâtiment n°3.
D’après plusieurs sources, l’Université de Bangui envisagerait reprendre à l’avenir la gestion complète de ces bâtiments afin de remettre de l’ordre. Depuis plusieurs années, certaines responsabilités sont laissées aux chefs de bâtiments ou aux étudiants eux-mêmes, notamment les procédures d’admission ou les réparations électriques. Mais ce projet suscite déjà des réactions, car plusieurs zones d’ombre subsistent à ce sujet. Face à cette situation, les étudiants résidents sur le campus de l’ENS lancent un vibrant appel à l’endroit des autorités compétentes de voler à secours.
