Spread the love

Situé dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, les habitants du quartier Kagamangoulou tirent la sonnette d’alarme face au manque criant d’eau potable. Né à la suite des crises militaro-politiques qui ont secoué la République centrafricaine, ce quartier ne dispose aujourd’hui que d’un seul point d’eau fonctionnel, largement insuffisant pour répondre aux besoins de la population.

Cette situation contraint de nombreux habitants à passer parfois la nuit autour de cette unique fontaine publique, impactant les revenus journaliers des jeunes qui exercent dans la vente d’eau. Face à cette pénurie, les habitants interpellent les autorités locales ainsi que le gouvernement afin qu’une solution urgente soit trouvée.

Plus qu’un simple besoin vital, l’accès à l’eau potable est devenu une denrée rare et précieuse pour les habitants de Kagamangoulou. Cette difficulté d’approvisionnement suscite de vives inquiétudes, certains étant contraints de consommer de l’eau impropre, mettant ainsi leur santé en danger. Face à cette situation, certaines femmes au foyer et de nombreux jeunes sont obligés de se réveiller très tôt pour espérer s’approvisionner en eau : « C’est depuis 4 heures du matin que je suis ici, mais je n’ai toujours pas trouvé d’eau, car l’électricité n’est arrivée qu’à 7 heures », témoigne Lalou Isabelle, une habitante du quartier.

Cette crise n’est pas sans conséquences sur les jeunes qui assurent la revente d’eau à l’aide de pousse-pousse afin de subvenir à leurs besoins. Contraints de sortir très tôt à la recherche de l’eau potable pour satisfaire leur clientèle, ces jeunes ont vu leurs recettes quotidiennes fortement réduite : « Sans vous mentir, cette crise a un impact sur notre activité. Par exemple, lorsqu’un client commande dix bidons et qu’en arrivant ici il n’y a pas d’eau, cela le décourage. Résultat : nos revenus baissent considérablement », a lancé l’un d’eux.

Pour faire face à cette pénurie, Junior Nganamodé, gérant de l’unique point d’eau potable public du quartier, a mis en place une stratégie visant à limiter le nombre de récipients par client afin de permettre à tous de s’approvisionner : « Lorsqu’une personne arrive avec cinq bidons, elle ne peut pas tous les remplir à la fois. Je leur demande de puiser progressivement pour éviter que d’autres repartent sans eau », a-t-il déclaré.

Il convient de rappeler que le quartier Kagamangoulou, voisin de Gobongo, disposait auparavant de plusieurs sources d’eau modernes qui facilitaient les activités quotidiennes de la population. Cependant, depuis plusieurs mois, la majorité de ces fontaines sont en panne, une situation préoccupante pour les habitants, surtout en cette période de saison sèche. Devant cette situation, les habitants tournent vers les autorités locales ainsi que le gouvernement dans l’espoir d’avoir des solutions concrètes à ce problème persistant.

About The Author

Souscrivez à notre Newsletter