Dans le cadre de la poursuite de l’examen de l’affaire dite « Guen », la Cour pénale spéciale (CPS) a procédé, le mardi 3 février, à l’audition du témoin Yaya Gombo dans sa salle d’audience à Bangui. Cette audience, visant à faire la lumière sur les crimes commis dans les localités de Guen et de Gadzi, a mis en cause Mathurin Kombo, François Boybanda alias « Balere », Philémon Kahena alias « CB », Dieudonné Gomitoua, Edmond Beina et Jean Bahara, présentés comme des acteurs clés des exactions perpétrées à l’endroit des citoyens entre 2013 et 2014 dans le nord-ouest de la République centrafricaine.
Présenté à la barre après avoir prêté serment, le témoin Yaya Gombo a déclaré qu’au moment des violences, le village de Guen se trouvait sous le commandement de présumé Edmond Beina, assisté de ses éléments antibalaka. Selon lui, ces derniers sont les acteurs clés dans la scène de pillages, de tueries et d’actes d’intimidation visant la population civile, en particulier les musulmans.
Au cours de son audition, Yaya Gombo a également relaté des faits d’une extrême gravité, évoquant notamment la profanation de Corans, l’enterrement vivant de femmes accusées de sorcellerie, des violences sexuelles, ainsi que l’assassinat du conseiller municipal Bandjoukou, qu’il attribue à Jean Bahara.
Le témoin affirme par ailleurs que les accusés présents à l’audience sont bien ceux qui auraient commis des exactions à Guen et à Gadzi contre la population civile, favorisant notamment l’implication de mineurs au sein des groupes armés.
De son côté, le Parquet spécial a salué le courage du témoin et a cherché à obtenir des précisions supplémentaires, en particulier sur la responsabilité présumée de Dieudonné Gomitoua et d’Edmond Beina dans la mort du conseiller municipal Bandjoukou.
Cette procédure s’inscrit dans les efforts de la Cour pénale spéciale pour établir les responsabilités dans les crimes commis à Guen entre février et mars 2014. Les faits reprochés aux cinq accusés auraient entraîné la mort d’une trentaine de civils, majoritairement musulmans, dans un climat de violences intercommunautaires qui a profondément secoué la République centrafricaine entre 2013 et 2014.
