À Gobongo I, dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, plusieurs jeunes artisans exercent chaque jour le métier de taillandier à partir de matériaux de récupération comme des tôles et des carcasses de voitures. Malgré le manque de matériel et les difficultés liées à leur activité, ces travailleurs continuent de fabriquer différents objets afin de gagner leur vie et subvenir aux besoins de leurs familles.
Dès les premières heures de la matinée, de jeunes hommes venus de différents quartiers de Bangui s’installent sur de petits bancs en bois dans leur atelier à ciel ouvert. Autour d’eux se trouvent des marteaux, des ciseaux, des haches, des tôles usées, des carcasses de voitures et d’autres matériaux récupérés qu’ils transforment avec leurs mains et leur savoir-faire. Le métier de taillandier, souvent peu connu ou négligé en République centrafricaine, constitue pourtant une importante source de revenus pour plusieurs familles. Grâce à cette activité, de nombreux artisans parviennent à assurer leurs dépenses quotidiennes malgré des moyens limités.
Francis Kossi, taillandier et père de famille, raconte son quotidien : << J’exerce ce métier depuis huit ans et c’est grâce à cela que je prends en charge ma femme et mes deux enfants. Notre principale difficulté est le manque de matériel de travail. Nous fabriquons nos articles à partir de tôles usées pour produire des seaux, des mangeoires, des abreuvoirs et des fours à charbon. Nous souhaitons bénéficier du soutien des organisations non gouvernementales ainsi que du gouvernement, notamment du ministère des Arts et de la Culture, afin de mieux faire connaître et valoriser nos produits à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Ce que nous faisons relève aussi de l’artisanat, mais jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucun appui. >>, a-t-il déclaré
Pour Andrien Goupe, plus jeune du groupe, les difficultés ne se limitent pas seulement au manque de matériel. Il évoque également les problèmes liés à l’approvisionnement des matières premières : << Notre plus grande difficulté concerne les tôles que nous achetons pour travailler. Parfois, certaines personnes viennent les réclamer en affirmant qu’elles ont été volées. Cela nous conduit même parfois au commissariat alors que nous ne sommes pas responsables. La semaine dernière, j’ai été arrêté par la police après avoir acheté des tôles volées sans le savoir. Malgré cela, ce métier m’aide beaucoup à répondre aux besoins de ma petite famille. >>, ajoute-t-il
Malgré ces difficultés, les taillandiers de Gobongo I continuent leur travail avec détermination. À travers le recyclage et leur savoir-faire local, ils espèrent voir leur métier mieux reconnu et soutenu afin d’améliorer leurs conditions de travail et participer au développement de l’artisanat Centrafricain.
