À quelques semaines des examens officiels en République centrafricaine, les élèves des classes de troisième et de terminale multiplient les efforts pour se préparer au Brevet des collèges et au Baccalauréat. Entre séances d’études prolongées, stress et manque d’enseignants dans certaines matières, les candidats cherchent à mettre toutes les chances de leur côté pour réussir ces examens décisifs qui ouvriront les portes de leur avenir scolaire et professionnel.
Dans les salles de classe, sous les arbres des écoles, les cahiers restent ouverts. Exercices, travaux dirigés et révisions individuelles deviennent désormais le quotidien des élèves. Au Centre Protestant pour la Jeunesse (CPJ) à Bangui, Donon Sarah Monica, élève en classe de terminale D, reconnaît que la pression est forte, surtout après les résultats du baccalauréat blanc : << Présentement, comme nous sommes en série scientifique, nous ressentons beaucoup de pression. Après les résultats du bac blanc, nous avons constaté qu’ils n’étaient vraiment pas satisfaisants. Cela m’a poussée à travailler davantage. Je me rends compte qu’il n’y a pas seulement les matières scientifiques qui comptent ; les matières littéraires aussi sont importantes. Chaque fois que je rentre à la maison, j’essaie de faire des exercices dans toutes les matières >>, explique-t-elle.
Cependant, tous les élèves ne disposent pas des mêmes conditions de préparation. Dans certains établissements publics, le manque d’enseignants, notamment dans les matières scientifiques, reste une difficulté importante. Au lycée de Gobongo, Penguere Roméo Martial, élève en classe de terminale série A4, évoque les difficultés rencontrées par lui et ses camarades : << Personnellement, je me donne beaucoup au travail et je révise régulièrement mes leçons. Mais comme beaucoup d’autres élèves, je me plains du manque d’enseignants, surtout en mathématiques. Le professeur avec lequel nous avions commencé l’année n’a pas pu poursuivre les cours jusqu’à la fin. Cette situation nous pénalise et crée parfois des doutes. Malgré cela, je garde confiance et je crois que je réussirai mon baccalauréat >>, a-t-il affirmé
Du côté des candidats au Brevet des collèges, certains affichent déjà leur sérénité et leur confiance à l’approche des examens. Merveille Guikou, élève en classe de 3e au Centre Protestant pour la Jeunesse, estime être prête à relever ce défi : << Je suis prête à affronter cet examen parce que je me suis bien préparée. J’ai assimilé mes leçons et je suis convaincue que je vais réussir et donner le meilleur de moi-même >>, confie-t-elle.
Pour les enseignants, cette période reste également un moment délicat. Entre l’accompagnement pédagogique et le soutien psychologique, ils doivent aider les élèves à gérer leurs inquiétudes.Le professeur de philosophie Ouatende Séverin Auguste explique : << À l’approche des examens, nous constatons généralement deux catégories d’élèves : ceux qui restent déterminés et présents à l’école, et ceux qui commencent à s’absenter sans raison précise. Nous remarquons également que le stress augmente, surtout chez les candidats au baccalauréat. Certains deviennent fragiles face à cette situation. En tant qu’enseignants et psychopédagogues, nous essayons de les accompagner jusqu’à cette étape importante >>
À Bangui comme dans les provinces, les élèves font preuve d’une détermination remarquable malgré les difficultés. Entre le manque de manuels scolaires, l’insuffisance d’enseignants et des conditions parfois compliquées, beaucoup s’organisent à travers des groupes d’études et des séances de révision collectives. Au-delà d’une simple épreuve scolaire, ces examens représentent pour eux l’espoir d’un avenir meilleur et l’opportunité de construire leur parcours dans un contexte souvent marqué par de nombreux défis.
