Alors que le monde célèbre aujourd’hui la Journée internationale des réfugiés, ce 20 juin, la situation des réfugiés vivant sur les sites dans la ville d’Obo demeure de plus en plus préoccupante. Cette localité, qui accueille plus de centaines de réfugiés originaires du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo, se trouve aujourd’hui entre inquiétude et difficiles conditions de vie. Devant cette situation, ils demandent au gouvernement et à ses partenaires de leur venir au secours.
Installés à Obo depuis plusieurs années, ces réfugiés vivent dans des conditions souvent précaires. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé, à l’éducation ainsi qu’aux moyens de subsistance demeure un défi majeur pour bon nombre d’entre eux. Blasco Moudjiri, réfugié originaire du Soudan du Sud, témoigne de son calvaire : « Lors de notre arrivée, au début, tout se passait bien. Mais aujourd’hui, nous souffrons énormément. Il n’y a pas d’eau potable sur nos sites, pas de poste de santé, ni même suffisamment de nourriture », a-t-il confié. Au-delà des difficultés matérielles, ces réfugiés dénoncent également un sentiment de marginalisation.
Selon eux, malgré les années passées sur le sol d’Obo, ils font souvent face au rejet et à des restrictions dans l’exercice de certains droits. Alexis Mene, président de la jeunesse des réfugiés, affirme qu’ils n’ont pas accès aux terres cultivables, une situation qui pousse plusieurs d’entre eux à envisager un retour dans leurs pays d’origine : « Beaucoup d’entre nous souhaitent aujourd’hui rentrer dans leurs pays respectifs, car les conditions de vie ici sont devenues insupportables. Même pour cultiver et subvenir à nos besoins, nous n’avons pas accès à la terre », a-t-il expliqué.
De son côté, le bureau de la Commission nationale des réfugiés (CNR), basé à Obo, reconnaît les nombreuses difficultés auxquelles ces réfugiés sont confrontés et les appelle à faire preuve de patience. Constantin Gamana, chef de bureau, souligne : « Les conditions de vie des réfugiés vivant à Obo restent préoccupantes. Leur accès aux soins de santé, à l’eau potable ainsi qu’à l’éducation est très limité. Beaucoup manifestent la volonté de retourner dans leurs pays d’origine. Nous travaillons activement sur leur processus de rapatriement, et un recensement a déjà été effectué entre les mois de janvier, février et mars », a-t-il indiqué.
Il convient de rappeler que plusieurs familles réfugiées expriment aujourd’hui leurs inquiétudes face à la réduction progressive de l’aide humanitaire et aux nombreuses difficultés quotidiennes qu’elles endurent. Pour ces communautés soudanaises et congolaises, cette journée représente non seulement un moment de réflexion sur leur situation, mais également une occasion de faire entendre leurs voix. Elles lancent ainsi un appel pressant au gouvernement centrafricain, au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et à l’ensemble des partenaires humanitaires afin de renforcer leur assistance et d’améliorer durablement leurs conditions de vie.
