À Bangui, les prix des légumes connaissent une hausse depuis plusieurs semaines sur les marchés de la capitale. Cette flambée, qui touche notamment les feuilles d’amarante, de jute, les épinards, les choux et la salade, a un impact réel sur le panier des ménages de nombreuses familles. Entre la flambée des prix des semences et des intrants agricoles, le manque de moyens de production et les pertes de récoltes, les consommateurs, tout comme les cultivateurs, lancent un appel à l’aide.
Sur plusieurs marchés de la capitale sillonnés, le constat est identique. Les vendeuses sont assises à côté de leurs marchandises, mais les clients se font rares. Ces légumes, tant appréciés par les populations, se vendent aujourd’hui à des prix élevés, empêchant de nombreuses familles de joindre les deux bouts. Rencontrée au marché de Boy-Rabe, dans le 4ᵉ arrondissement, Béatrice, vendeuse de légumes, explique la raison de cette hausse des prix : « Si j’achète une botte d’amarante, de jute ou d’épinards à 100 FCFA, je la revends à 150 FCFA. Si je l’achète à 150 FCFA, je la revends à 200 FCFA, voire trois bottes à 500 FCFA, afin de couvrir les frais de transport et le droit de place au marché », confie-t-elle.
Du côté des consommateurs, cette hausse est vécue avec inquiétude. Au marché Combattant, Chancella, mère de six enfants, affirme que les quantités achetées ne suffisent plus à nourrir sa famille : « Je viens d’acheter des légumes pour 500 FCFA, mais la quantité ne suffit pas pour nourrir ma famille. Je suis obligée d’en acheter davantage pour obtenir la même quantité qu’auparavant, malgré le retour de la pluie », déplore-t-elle.
Pointés du doigt, les producteurs maraîchers se disent, eux aussi, confrontés à de nombreuses difficultés. Fabrice Ouagaza, habitant du quartier Ngola 2, affirme que le coût des intrants agricoles a considérablement augmenté : « Avant, nous achetions des semences provenant du Cameroun à un prix abordable et leur qualité était meilleure. Aujourd’hui, un gramme de semences, avec les engrais, peut coûter jusqu’à 10 000 FCFA. Les semences distribuées par certaines ONG ne donnent pas toujours de bons résultats : elles germent, puis les plants se dessèchent rapidement. À cela s’ajoutent les périodes de sécheresse qui détruisent une grande partie de nos cultures. Nous sommes donc contraints d’augmenter les prix pour compenser les pertes », explique-t-il.
Il est important de souligner que, malgré les précipitations enregistrées ces dernières semaines, les producteurs estiment que les difficultés persistent. Entre la hausse des coûts de production, la baisse des rendements et les contraintes climatiques, les prix des légumes continuent d’augmenter, au détriment des consommateurs. Face à cette situation, les ménages et les consommateurs lancent un appel aux autorités et aux partenaires du secteur agropastoral afin qu’ils apportent des réponses adaptées à cette crise.
