À Paoua, dans la préfecture de la Lim-Pendé, la maison d’arrêt fait face à une importante surpopulation carcérale. Conçue pour accueillir seulement 30 détenus, elle en compte aujourd’hui 73. Cette situation accentue les difficultés liées à l’alimentation, à l’accès aux soins de santé et aux conditions de vie dans les cellules, suscitant l’inquiétude des détenus et des responsables de l’établissement. Devant cette situation, ils demandent qu’une mesure urgente soit trouvée afin d’améliorer leurs conditions de vie.
Construite pour accueillir 30 détenus, la maison d’arrêt de Paoua fait aujourd’hui face à une forte surpopulation, avec un nombre de prisonniers qui ne cesse d’augmenter. Une situation qui pèse lourdement sur leurs conditions de détention. Philippe, l’un des détenus, témoigne des difficultés auxquelles lui et ses codétenus sont confrontés : « Nous éprouvons beaucoup de difficultés ici, dans la maison d’arrêt de Paoua. Il n’y a pas de nourriture en quantité suffisante et nous sommes trop serrés dans les cellules, ce qui nous expose à des maladies. Moi qui vous parle, je souffre d’une hernie. C’était la MINUSCA qui m’avait pris en charge pour me soigner, mais depuis que je suis de retour, les ONG et les autorités ne s’occupent pas de nous. », a-t-il partagé.
Du côté de l’administration pénitentiaire, les difficultés sont également importantes. Le budget consacré à l’alimentation des détenus ne permettrait pas de couvrir suffisamment leurs besoins. Nicaise Eleazar LAINDI, régisseur de la maison d’arrêt de Paoua, explique : « Dans la maison carcérale de Paoua, nous ne disposons pas d’infirmerie ni de médicaments. Sur le plan nutritionnel, nous assistons actuellement à une surpopulation carcérale, car nous comptons 73 détenus. Face à cette situation, le crédit alimentaire que l’État nous octroie ne suffit pas. », a-t-il partagé.
Le régisseur appelle ainsi les autorités à renforcer les moyens de la maison d’arrêt afin d’améliorer la prise en charge des détenus : « Je demande aux autorités de doter la maison carcérale d’une infirmerie avec des médicaments en quantité suffisante pour prendre en charge les détenus malades. Nous demandons également la construction de nouveaux bâtiments et l’augmentation du crédit alloué à l’alimentation afin d’améliorer les conditions de vie des détenus. », a-t-il ajouté.
Il est important de souligner que la maison carcérale de Paoua initialement prévue pour accueillir seulement 30 personnes, compte désormais plus du double de sa capacité prévue, avec 73 détenus. Cette situation met en évidence les difficultés auxquelles fait face l’administration pénitentiaire en matière d’infrastructures, d’alimentation et de prise en charge sanitaire des personnes privées de liberté.
