Le Réseau des Médias Communautaires de Centrafrique (RMCC), avec l’appui financier du National Endowment for Democracy (NED), a organisé du 3 au 5 septembre 2026 à Kaga-Bandoro, dans la préfecture de la Nana-Gribizi, une émission publique consacrée à la redevabilité. L’activité, tenue au centre commercial de la ville, a réuni autorités locales, responsables communautaires et habitants autour du thème : « La redevabilité : un atout ou un frein pour le développement de la communauté ? »
Cette rencontre avait pour objectif de permettre aux différents acteurs de la communauté de mieux comprendre la notion de redevabilité et d’échanger ouvertement sur son importance dans la gestion des affaires locales. Les échanges se sont également poursuivis à travers une émission interactive en direct sur les ondes de Radio La Voix de Kaga, donnant ainsi la possibilité aux auditeurs de suivre les discussions et de réagir sur la question.Présent à cette activité, Nino Pierre Honoré Yangoa, préfet de Kaga-Bandoro, a salué l’initiative. Selon lui, la redevabilité permet à la population de mieux comprendre les actions menées par les autorités locales et favorise un dialogue entre les responsables et les citoyens : « La redevabilité, c’est aussi rendre compte à la population des activités menées par les autorités locales. Cela permet aux citoyens de savoir ce qui est fait et de mieux comprendre les actions engagées pour la communauté. J’encourage donc la population à rester attentive aux informations qui lui sont communiquées par les autorités », a-t-il expliqué
Pour Félix Malot, président de la jeunesse de Kaga-Bandoro, les autorités communiquent parfois sur leurs activités, mais la question du retour d’information reste encore importante. Il estime que les jeunes ont également un rôle à jouer en restant informés de la vie de leur communauté : « Oui, les autorités informent parfois sur leurs activités, mais le retour d’information reste parfois insuffisant. En tant que président de la jeunesse, j’encourage les jeunes à suivre régulièrement les informations diffusées à la radio afin de mieux connaître la réalité et les activités de la ville », a-t-il déclaré.
De son côté, Awa Abdel, présidente de l’Association des filles musulmanes de Kaga-Bandoro, considère la redevabilité comme un moyen de renforcer la confiance au sein d’une organisation et, plus largement, dans la communauté : « Lorsque tu rends compte des activités à ton équipe, cela permet de reconnaître ses erreurs, de les corriger et surtout de garder la confiance des membres de l’association », a-t-elle témoigné.
Au-delà des différentes opinions exprimées, les échanges ont montré que la redevabilité ne concerne pas uniquement les autorités. Elle repose aussi sur le dialogue, l’écoute et la volonté de chaque acteur de la communauté de comprendre les responsabilités des uns et des autres. Lorsqu’elle est exercée dans un esprit de respect et de transparence, elle peut contribuer à renforcer la confiance et à accompagner les efforts de développement local.
Cette émission publique et interactive a ainsi offert un espace de dialogue entre les autorités, responsables communautaires et population. À Kaga-Bandoro, les participants ont pu partager leurs expériences, poser leurs préoccupations et réfléchir ensemble à la manière de faire de la redevabilité un outil au service du développement de la communauté.
