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À l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, célébrée ce 2 octobre, la situation dans les localités de Kouango et de Mongoumba demeure préoccupante. Dans ces deux localités de la République centrafricaine, les violences faites aux femmes et aux filles restent récurrentes, en dépit des nombreuses actions de sensibilisation menées en faveur de la construction d’une paix durable et de la protection des familles au sein de ces communautés.

Célébrée afin d’attirer l’attention des sociétés sur la nécessité de promouvoir la paix, le dialogue, la tolérance et le respect de la dignité humaine, la Journée internationale de la non-violence a été instaurée par l’Assemblée générale des Nations unies en hommage au Mahatma Gandhi, né le 2 octobre 1869. En République centrafricaine, ce message prend une résonance particulière dans un contexte marqué par plusieurs années de crises et de violences.

Cependant, à Kouango comme à Mongoumba, la question de la paix ne se pose pas uniquement dans l’espace public. Elle se pose également au sein des foyers. Selon les informations recueillies sur place, les cas de violences sexuelles visant des femmes, des filles, y compris des mineures, deviennent fréquents dans ces deux sous-préfectures de la RCA.

Cette situation soulève d’importantes questions concernant la protection des enfants victimes de violences sexuelles et leur accès à la justice. Rachelle, mère de quatre enfants, affirme avoir quitté son mari pour échapper aux violences. Selon elle, les épisodes de violence survenaient souvent après la consommation d’alcool : « Je me suis séparée de mon mari il n’y a pas longtemps à cause de son comportement. À chaque fois qu’il boit, il devient violent. Quand il ne boit pas, je suis en paix. Mais avec ce rythme, où vais-je ? Je ne suis pas son esclave. J’ai l’impression qu’ici, les hommes n’ont pas d’estime pour les femmes », témoigne-t-elle.

Préoccupée par cette situation, Isabelle Bounguiyo, présidente de l’OFCA de Kouango, partage cette inquiétude et lance un appel à l’aide : « Vraiment, les cas de violences faites aux mineures sont très récurrents dans la ville de Kouango. Si vous n’entendez pas parler d’un cas pendant une ou deux semaines, c’est déjà trop. Nos filles mineures sont violées, mais les gens préfèrent régler ces affaires à l’amiable, malgré les sensibilisations que nous avons menées au cours des derniers mois. Nous femmes de OFCA, nous demandons que les ONG et le gouvernement nous volent au secours », déplore-t-elle.

Dans les deux localités, la construction de la paix passe donc par la protection des victimes, la prévention, l’éducation et la responsabilisation de l’ensemble de la communauté.

À travers des témoignages recueillis localement, des femmes affirment avoir été battues par leurs conjoints, notamment lorsque leurs revenus sont jugés insuffisants ou lorsqu’elles ne peuvent pas répondre aux demandes financières de leur mari. Ces situations posent une question essentielle à l’occasion de cette Journée internationale de la non-violence : comment construire une paix durable si certaines femmes ne sont pas en sécurité chez elles ?

Il est important de souligner que la Journée internationale de la non-violence rappelle que la paix ne se construit pas uniquement lorsque les armes se taisent. Elle se construit aussi lorsqu’une femme peut rentrer chez elle sans craindre d’être battue, lorsqu’une fille peut aller à l’école sans être exposée aux violences sexuelles et lorsque les victimes peuvent parler, être entendues et bénéficier d’une protection.

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