Au port de Mongoumba, dans le sud de la République centrafricaine, commerçants et propriétaires de bateaux restent parfois bloqués pendant plusieurs jours, incapables de repartir vers Bangui. Cette situation, due à l’augmentation des taxes douanières, laisse les opérateurs riverains désemparés. Ils demandent des mesures urgentes pour alléger cette charge et sécuriser leurs activités.
<<On en a marre, on ne sait pas ce que la douane veut de nous >>. C’est la phrase que répètent les commerçants qui empruntent les voies fluviales, dans cette localité.Selon les informations recueillies auprès des commerçants qui s’approvisionnent à Bétou, à la frontière entre le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine, les douaniers du port de Mongoumba , premier point d’entrée vers Bangui , augmentent les taxes de manière << permanente et volontaire >>, cette pratique freine leurs activités commerciales et suscite un profond découragement: << Les douaniers et nous, on ne s’entend vraiment pas. Les taxes qu’ils imposent sont trop lourdes. Nous n’avons pas cette capacité, c’est la raison pour laquelle nous sommes bloqués ici depuis hier >>, a témoigné un commerçant sous couvert d’anonymat.
Pour Jean Richard Endjézékane, rencontré dans une autre baleinière, les taxes actuelles sont bien plus élevées qu’auparavant : <<Le bidon d’huile que nous payions à 200 francs CFA coûte aujourd’hui 350 francs CFA. Cela ne nous facilite pas la tâche. Je ne sais pas si je m’en sortirai. Ce voyage pourrait être le dernier pour moi, j’en ai ras-le-bol >>, explique-t-il.
Ce même cri d’alarme sone de côté de Kamadjali Igort Oscar, responsable d’une baleinière bloquée depuis deux jours : <<Certes, dans d’autres ports, il existe des taxes douanières, mais elles ne sont pas comme celles du port de Mongoumba. Ici, les douaniers exagèrent. Par exemple, tu peux transporter des marchandises d’un million, ils veulent prélever même 800 000 francs CFA. Mais qu’est-ce qu’on va gagner ? >>, a-t-il livré.
De leur côté, les services douaniers de Mongoumba qualifient ces propos de << simples spéculations >> et se défendent : << Nous ne faisons qu’appliquer le code des douanes de la CEMAC. Nous ne travaillons pas à notre guise, il y a des textes qui régissent notre travail. Eux ne comprennent pas et disent ensuite des mensonges sur nous >>, a déclaré un responsable.
Notons qu’en plus de problèmes liés aux taxes douanières, les navigants font également face à la baisse du niveau du fleuve en cette période sèche, ce qui constitue un autre obstacle majeur à leurs activités.
