Construit pour dynamiser les échanges commerciaux à Gbako-Malekpa, un village situé à une cinquantaine de kilomètres de Grimari, dans la préfecture de la Ouaka, le marché local est aujourd’hui à l’abandon. Envahi par les herbes et déserté par les commerçants, cet espace, qui devait soutenir le commerce local, n’est plus utilisé. Ce constat soulève une question importante : comment faire pour que les projets de développement répondent réellement aux besoins des populations ?
Dans les villes et villages de province, les populations expriment avant tout des besoins essentiels. Pour certains habitants, la priorité est de disposer de routes praticables afin d’acheminer les produits agricoles vers les marchés. Pour d’autres, il s’agit d’avoir accès à l’eau potable, à des centres de santé fonctionnels, à des écoles bien équipées ou encore à un appui pour développer des activités génératrices de revenus. Ces priorités montrent qu’avant de lancer un projet de développement, il est indispensable de bien comprendre les réalités sociales et économiques des communautés concernées.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le cas de Gbako-Malekpa, un marché construit dans le village Gbako-Malekpa qui devait devenir un lieu de rencontre entre producteurs, commerçants et acheteurs. Mais aujourd’hui, le constat est tout autre : le marché est abandonné, envahi par les herbes, et aucune véritable activité commerciale ne s’y déroule.
Cette situation soulève des interrogations sur la manière dont certains projets de développement sont conçus avant leur réalisation. Une infrastructure, même construite avec de bonnes intentions, ne peut produire des résultats durables que si elle répond aux besoins réels des populations qui sont appelées à l’utiliser.
Dans de nombreuses localités rurales, l’économie repose principalement sur l’agriculture familiale et les petits commerces. Les volumes de production destinés à la vente restent souvent modestes et les échanges commerciaux suivent des habitudes bien établies au sein des communautés. Dans ce contexte, la création d’un marché nécessite une bonne connaissance des besoins des habitants, de leurs capacités de production et de leurs pratiques commerciales.
L’objectif n’est pas de remettre en cause l’utilité des marchés dans le développement local. Au contraire, un marché peut devenir un véritable moteur économique lorsqu’il répond à une demande réelle et s’inscrit dans un environnement favorable. Sa réussite dépend toutefois de plusieurs facteurs : la disponibilité des produits, la présence régulière des commerçants, l’accessibilité du site et, surtout, l’adhésion de la population.
Le cas de Gbako-Malekpa rappelle ainsi l’importance des études préalables avant la mise en œuvre des projets de développement. Une meilleure connaissance des réalités sociales, économiques et culturelles d’une localité permet d’orienter les investissements vers des actions plus adaptées aux attentes des habitants.
Le développement d’une ville ou d’un village ne se résume pas à la construction d’infrastructures. Il passe aussi par l’écoute des communautés et la prise en compte de leurs priorités. Lorsqu’un projet est conçu avec la participation des populations, il a davantage de chances d’être utilisé, entretenu et de produire des effets durables.
Le marché de Gbako-Malekpa constitue aujourd’hui un exemple qui invite à repenser la manière dont les projets de développement sont planifiés. Construire une infrastructure est important, mais construire une infrastructure réellement utile aux populations est le véritable défi.
