Le Réseau des Médias Communautaires de Centrafrique (RMCC), avec l’appui financier du National Endowment for Democracy (NED), poursuit ce mardi 8 septembre 2026 à Kouango, dans la préfecture de la Ouaka, sa campagne de sensibilisation sur la redevabilité à travers une émission publique et interactive diffusée sur les antennes de la Radio communautaire Akoukalé. Organisée en face de l’hôtel de ville, cette rencontre réunit les autorités locales, les leaders communautaires, les jeunes et les membres de la communauté autour de la question de la redevabilité comme outil de transparence, de confiance et de développement local.
À Kouango, les échanges ont permis de rappeler que rendre compte de ses actions ne concerne pas uniquement les autorités. Les responsables communautaires, les associations, les jeunes et, plus largement, chaque acteur de la communauté ont également un rôle à jouer dans la circulation de l’information et la recherche de solutions aux difficultés locales. Pour Isabelle Bounguiyo, présidente de l’OFCA de Kouango, cette initiative offre un cadre important pour encourager les responsables à mieux communiquer avec la population. Elle invite ses pairs ainsi que les autorités locales à faire de la redevabilité une habitude dans la gestion des affaires de la communauté : « Je suis très heureuse de cet échange. Je demande à mes pairs et aux autorités locales de faire en sorte que les communautés soient informées des actions menées dans la ville afin de contribuer au développement de notre communauté », a-t-elle déclaré.
Cette volonté de renforcer le dialogue est également partagée par les leaders communautaires. Alfred Maziti, président du Club des auditeurs de Kouango, estime que l’information permet à la population de mieux comprendre les actions entreprises et contribue à préserver la confiance accordée aux responsables : « Je pense qu’à partir de cet échange, nous, les leaders communautaires, devons désormais informer la communauté sur toutes les activités afin de renforcer la transparence et de préserver la confiance que la communauté nous a accordée », témoigne-t-il.
La jeunesse souhaite, elle aussi, trouver sa place dans cette dynamique. Pour Sadrack Mazouti, représentant des jeunes de Kouango, la redevabilité doit permettre aux jeunes de participer davantage aux initiatives qui touchent leur ville : « Je demande aux autorités locales de faire de la redevabilité un moyen pour le développement de notre pays, en informant la communauté, en rendant compte des activités et en donnant une place aux jeunes pour faire fonctionner notre ville », a-t-il déclaré.
L’émission interactive a ainsi permis de rapprocher les différents acteurs autour d’un principe essentiel : une communauté avance plus facilement lorsque l’information circule et que chacun sait ce qui est fait, pourquoi cela est fait et quelles responsabilités lui reviennent.
La redevabilité n’est donc pas seulement une affaire d’autorités ou de responsables. Elle commence aussi dans les échanges du quotidien, lorsqu’un responsable accepte de rendre compte, lorsqu’un citoyen ose demander des explications et lorsque chacun accepte d’écouter l’autre. À Kouango, faire de cette pratique une culture, c’est surtout choisir de construire ensemble une communauté où la confiance ne se décrète pas, mais se gagne par la transparence, le dialogue et la responsabilité de tous.
