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À Paoua, dans la préfecture de Lim-Pendé, les barrières illégales connaissent une recrudescence inquiétante. Ce phénomène, marqué par des prélèvements abusifs imposés aux usagers de la route, suscite de vives préoccupations au sein de la communauté. Face à cette situation, les habitants, transporteurs et commerçants, qui craignent un impact grandissant sur les activités économiques et les conditions de vie, lancent un appel aux autorités.

Alors qu’une mission gouvernementale de démantèlement des barrières illégales est en cours dans d’autres régions de la République centrafricaine, la ville de Paoua continue de faire face à une multiplication de ces postes de contrôle. Cette situation, qui impose des taxes jugées exorbitantes aux usagers, menace les activités économiques de la sous-préfecture. Sous couvert de l’anonymat, un habitant dénonce cette réalité : « C’est le gouvernement qui a ordonné le démantèlement des barrières illégales, mais aujourd’hui, elles sont encore plus nombreuses. Depuis le début de la saison des pluies, nous ne pouvons plus circuler librement avec nos marchandises », confie-t-il.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des transporteurs, commerçants et habitants, des sommes d’argent sont exigées à différents points de contrôle non autorisés. Ces paiements forcés augmentent le coût du transport des personnes et des marchandises, une charge qui est ensuite répercutée sur les consommateurs. Roseline Djim, commerçante à Paoua, déplore les conséquences de cette situation : « Pour arriver à Paoua, il faut payer plusieurs taxes sur nos marchandises. Le plus grave, c’est que même les agriculteurs qui transportent leurs produits champêtres sur la tête sont contraints de payer. Ensuite, lorsque nous augmentons légèrement les prix pour compenser ces dépenses, c’est la population qui s’en plaint », explique-t-elle.

Face à cette situation, les autorités locales expriment également leur inquiétude et appellent au respect des textes en vigueur. Elles estiment que la multiplication des barrières illégales entrave la libre circulation des personnes et des biens et freine le développement économique de la région. Le maire de la commune de Mia-Pendé, Isidore Ngaba, revient sur ce phénomène : « Il existe bel et bien des barrières illégales à Paoua, malgré une mission gouvernementale qui était venue démanteler tous ces postes de contrôle de Paoua jusqu’à Betoko. Je me demande pourquoi ces barrières existent encore. J’appelle le gouvernement à tout mettre en œuvre afin que la population puisse vaquer librement à ses différentes occupations », lance-t-il.

Le gouvernement centrafricain a pourtant réaffirmé sa volonté de lutter contre la réapparition des barrières illégales, reconnaissant que ce phénomène pénalise les usagers de la route et freine le développement socio-économique du pays. Toutefois, dans la sous-préfecture de Paoua, les populations continuent d’attendre des mesures concrètes pour mettre fin à ces postes de contrôle illégaux, garantir la libre circulation des personnes et des biens et favoriser la relance des activités économiques locales.

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