Célébrée chaque année le 11 octobre, la Journée internationale de la fille est une occasion de rappeler l’importance de protéger les droits des adolescentes et de promouvoir leur épanouissement. Pour l’édition 2026, placée sous le thème « Mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des filles », cette journée met l’accent sur la lutte contre les mariages précoces et les violences basées sur le genre qui affectent les jeunes filles et les femmes en République centrafricaine.
En République centrafricaine (RCA), les filles sont confrontées à des conditions de vie difficiles, marquées notamment par la pauvreté des ménages, l’insécurité dans certaines localités, les difficultés d’accès à l’éducation et l’insuffisance des mécanismes de protection. Ces obstacles compromettent leur avenir et les exposent davantage aux violences basées sur le genre (VBG), aux mariages précoces, aux grossesses non désirées et aux abandons scolaires. Dans certaines familles, les difficultés économiques poussent les parents à marier leurs filles à un âge précoce, parfois dans l’espoir de recevoir de l’argent ou d’alléger les charges du ménage.
Cependant, à Kaga-Bandoro, dans la préfecture de la Nana-Grébizi, cette situation préoccupe les acteurs engagés dans la défense des droits des femmes et des filles. Angélique Ngueremalet, présidente de l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) dans cette ville, attire l’attention sur les pratiques de certains parents qui marient leurs filles très tôt, au détriment de leur éducation et de leur épanouissement : « Certains parents veulent donner leurs filles en mariage très tôt pour percevoir de l’argent. Ils considèrent parfois cette union comme un bénéfice qu’ils peuvent tirer après avoir élevé leurs enfants. Pourtant, une fille ne doit pas être considérée comme une source de revenus. Elle a des droits, des aspirations et un avenir à construire », a-t-elle souligné.
À travers la célébration de la Journée internationale de la fille, la protection des adolescentes et la promotion de leurs droits demeurent des priorités pour construire une société plus juste et inclusive. En République centrafricaine, chaque fille doit pouvoir poursuivre ses études, vivre à l’abri des violences et choisir librement son avenir. Mettre fin aux mariages précoces nécessite un engagement collectif des familles, des autorités et des acteurs de la société civile, afin que les filles soient reconnues non comme une source de bénéfices financiers, mais comme des personnes à part entière, capables de contribuer pleinement au développement de leur communauté et de leur pays.
