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Située à environ 200 kilomètres de Bangui, à la frontière entre la République centrafricaine et les deux Congo, la ville de Mongoumba connaît ces derniers temps une baisse notable de la pêche. Autrefois très rentable, cette activité devient de plus en plus difficile cette année. Cette situation entraine des répercussions importantes sur les pêcheurs, qui en dépendent pour leur subsistance, ainsi que sur les commerçantes de poissons, dont les revenus diminuent progressivement.

Sur la rivière, les pêcheurs poursuivent malgré tout leur activité. À bord de leurs pirogues, souvent vêtus simplement, ils passent de longues heures, parfois plusieurs jours, à tenter de capturer du poisson. Mais les résultats ne sont plus les mêmes qu’autrefois. Certains rentrent avec de faibles recettes, d’autres les mains vides. C’est le cas de Morile Séyé, qui vient d’accoster après une sortie peu productive : « Avant, la pêche nous permettait de bien vivre. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. J’ai gagné seulement onze mille francs CFA. Cela ne suffit pas pour subvenir aux besoins de ma famille », explique-t-il.

Un peu plus loin, d’autres pêcheurs évoquent les causes de cette situation. Pour Stéphane Lekoa, le changement climatique joue un rôle important : « Quand il fait frais, la pêche est bonne. Mais aujourd’hui, il fait trop chaud et le niveau de l’eau augmente, même en saison sèche. Cela réduit nos prises. Nous commençons vraiment à ressentir les effets du changement climatique », affirme-t-il.

Cette situation affecte également les commerçantes de poissons. Izingui, l’une d’elles, partage ses difficultés : « Moi, je ne pêche pas. Je dépends des pêcheurs pour m’approvisionner en poisson. Mais comme ils en trouvent moins, cela nous pénalise aussi. Si la situation persiste, je serai contrainte d’abandonner ce commerce », confie-t-elle.

Face à cette situation préoccupante, la survie de toute une communauté dépend désormais des mesures qui seront prises pour protéger les ressources halieutiques et soutenir les acteurs du secteur. Mais Sans actions rapides pour protéger l’environnement et encadrer cette activité, combien de temps encore les pêcheurs pourront-ils continuer à vivre de ce métier ?

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