À Bangui, les avenues de la capitale continuent d’accueillir un nombre croissant d’enfants vivant dans la rue. Cette réalité alarmante, qui met en péril leur bien-être, soulève de nombreuses interrogations sur leur sécurité, leur santé et leur avenir. Face à cette situation, ils réclament qu’une intervention urgente soit menée afin de garantir leurs droits fondamentaux.
Au quartier Benz-VI, face au snack-bar communément appelé « Le 16 », le spectacle est saisissant. Un groupe d’enfants âgés de 7 à 17 ans dort à même le sol, sans moustiquaire, exposé aux moustiques et aux intempéries. Ces enfants, qui survivent grâce à la générosité des passants et aux restes de nourriture, trouvent refuge dans deux petites maisons juxtaposées : l’une sans porte, l’autre à peine sécurisée. Ces abris précaires servent à la fois de logement, de point de rassemblement et d’espace de vie.
Ici, le quotidien de ces enfants oscille entre moments de détresse et instants de solidarité. À 13 heures, certains, cheveux en désordre, jouent aux cartes pour oublier, un temps, leur réalité. Jephté, surnommé « Artiste », explique : « Je vis dans la rue depuis longtemps parce qu’après le décès de mes parents, je n’ai personne pour me soutenir et je suis rejeté par ma famille. », a-t-il confié.
Après une année passée dans la rue, Divine Nativa Wanzo, une adolescente d’environ treize ans, avoue avec un regard baissé, ne plus envisager un retour immédiat au domicile familial : « Je me sens beaucoup mieux dans la rue qu’à la maison. Là-bas, je ne suis pas libre et on ne me traite pas comme je le souhaite. C’est pour cela que j’ai décidé de venir ici. », a-t-elle partagé.
Quant au délégué du groupe qui préfère garder l’anonymat, il garde l’espoir de retourner chez ses parents, mais à ses conditions : « Je ne rentrerai chez moi qu’une fois que j’aurai reçu une formation dans un domaine quelconque », confie-t-il.
Face à cette situation préoccupante, Donald Nzi Adoum, directeur exécutif national du Centre pour la promotion et la défense des droits de l’enfant (CPDE), interpelle les autorités. Il appelle le gouvernement à mettre en place des politiques publiques efficaces pour assurer un avenir meilleur à ces enfants en situation de rue.
Il convient de rappeler que chaque 12 Avril, le monde célèbre la journée internationale des enfants vivant dans la rue pour mettre en lumière les défis auxquels ils font face au quotidien et appeler à une mobilisation massive en leurs faveur. Cependant en République centrafricaine, l’article 41, alinéa 3, de la Constitution du 30 août 2023 stipule que tout enfant a droit à la protection de sa famille, de la société et des pouvoirs publics. Pourtant, pour les enfants de Benz-VI, cette protection reste largement insuffisante.
