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Dieudonné GOMITOUA a été interrogé ce lundi, 1er juin 2026, devant la Cour Pénale Spéciale (CPS) à Bangui dans le cadre du procès relatif aux violences commises à Guen. Au cours de cette audience consacrée à son interrogatoire, l’accusé a rejeté les accusations portées contre lui, niant toute implication dans les activités des Antibalakas et contestant son rôle présumé dans les exactions perpétrées dans cette localité.

Interrogé sur son attitude face aux violences, l’accusé a admis n’avoir entrepris aucune médiation formelle. Il a toutefois soutenu avoir tenté de convaincre Edmond BEINA d’épargner les civils musulmans. Il a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait encouragé les massacres chez le chef Ali GARBA en déclarant : « BEINA, fais ton travail ». Selon lui, il aurait au contraire essayé, sans succès, de dissuader ce dernier. Il a ajouté que ces événements avaient profondément bouleversé sa vie personnelle, notamment avec le décès de son épouse. Dieudonné Gomitoua a déclaré que, parmi les coaccusés présents, seul Edmond Beina appartenait effectivement au groupe Antibalaka. Il a rappelé que les combattants étaient restés à Guen entre février et mars avant le départ de Beina après la mort d’Emerson.

Pour le ministère public, représenté par le substitut Alexandre Tindano, les éléments recueillis jusqu’à présent ne permettent pas encore d’établir la culpabilité de l’accusé. Le parquet a néanmoins relevé plusieurs contradictions et zones d’ombre dans ses déclarations, notamment concernant les raisons de son départ de Guen. L’accusé a affirmé avoir quitté la localité uniquement pour recevoir des soins médicaux et non pour fuir les combattants Séléka.

Au cours de son audition, Dieudonné Gomitoua a également rapporté que certains membres Sélékas auraient exprimé leur volonté de conserver le pouvoir pendant cinquante ans. Il a accusé certaines personnes, dont Oumar Mansour et Moussa, d’avoir facilité les exactions en indiquant aux Sélékas les domiciles des populations autochtones.Concernant les informations relatives à des entraînements armés et à des patrouilles nocturnes de civils musulmans, l’accusé a déclaré qu’il ne s’agissait que de rumeurs. Il a également affirmé ne pas être en mesure de confirmer des propos attribués à un chef de quartier sur un éventuel retour d’Edmond Beina à Guen.

Interrogé sur l’existence présumée d’un seau rempli de munitions au domicile du chef Ali Garba, évoquée par Edmond Beina, l’accusé a assuré n’avoir jamais vu un tel objet et ne pas croire à cette version des faits. S’agissant de Philémon Kaïna, le ministère public a avancé l’hypothèse selon laquelle celui-ci aurait pris la relève des Antibalakas après le départ d’Edmond Beina. Cependant, Dieudonné Gomitoua a contesté cette thèse, estimant qu’elle résulte d’une confusion liée à la proximité de certaines habitations dans la localité.

Le parquet a toutefois soutenu que la base Antibalaka avait été créée alors que Beina se trouvait encore à Guen, en s’appuyant sur des notes consignées dans un cahier attribué à l’accusé.Les avocats des parties civiles et de la défense ont ensuite procédé à plusieurs contre-interrogatoires. Me Samuel Dangassa a notamment interrogé l’accusé sur les raisons pour lesquelles il avait été sollicité pour une médiation. Celui-ci a répondu qu’il était considéré comme un sage et patriarche de la localité.

De son côté, Me Claude Ngaisset Pessinam, conseil de Jean Bahara, l’a questionné sur les rumeurs attribuant à son client l’assassinat de Bandjoukou. L’accusé a indiqué ne pas connaître personnellement Jean Bahara ni les circonstances exactes de cette affaire. Pour Me Tabangue, avocat d’Edmond Beina, les échanges ont porté sur le massacre survenu chez le chef Ali Garba. Dieudonné Gomitoua a réaffirmé qu’il ne se trouvait pas sur les lieux pour participer à un quelconque complot, mais qu’il y avait été conduit dans l’espoir de sauver des civils musulmans. Il a également expliqué que son âge avancé et son état physique limitaient sa capacité d’intervention.

Enfin, Me Albert Panda, avocat de l’accusé, a soutenu que la présence de son client chez le chef Ali Garba relevait d’une démarche d’apaisement et de médiation, conforme au rôle traditionnel des notables dans la société africaine. Il a contesté les allégations du parquet spécial et des parties civiles, soulignant qu’aucun témoin n’avait affirmé que son client avait participé activement aux exactions ou procédé à une sélection des civils musulmans qui auraient été épargnés.

Rappelons que l’’audience s’est poursuivie par l’examen des différents témoignages et déclarations versés au dossier, dans le cadre de la recherche de la vérité sur les violences commises à Guen.

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