Une femme a été tuée par une balle perdue lors d’échanges de tirs qui ont opposé des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) à leurs alliés russes dans la soirée du mercredi 24 juin à Zémio, dans le Haut-Mbomou. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les affrontements auraient éclaté après qu’un militaire a demandé à un boucher qui s’apprêtait à abattre un bœuf à proximité d’un poste des FACA de s’éloigner des lieux. Les tirs se sont poursuivis jusqu’au matin, semant la peur au sein de la population et paralysant les activités dans la ville.
Selon un habitant ayant requis l’anonymat, les événements ont débuté lorsqu’un boucher s’apprêtait à abattre un bœuf à proximité d’un poste des FACA : « Tout a commencé après qu’un boucher voulait tuer son bœuf juste à côté du check-point des FACA. Un élément des FACA lui a demandé de se déplacer un peu plus loin de la base afin de faire son travail. Ce dernier a résisté à l’ordre. Le militaire l’a giflé. Du coup, ce Peul a appelé les Wagner qui sont descendus sur les lieux et ont commencé à tirer sur les FACA », explique notre source.
Le même témoin affirme que le militaire impliqué dans cet incident a été blessé et souffrirait notamment d’une fracture au pied et au visage. Il ajoute qu’une femme, qui ne serait pas impliquée dans les faits, a été mortellement tuée par balle perdue lors des échanges de tirs.
Contacté par notre rédaction, un autre habitant de Zémio confirme que les affrontements ont fortement perturbé la vie quotidienne de la population : « Pour l’instant, les activités sont paralysées. La population est dans la peur. Les crépitements d’armes ont commencé hier et se sont poursuivis jusqu’à 7 h du matin. C’est grâce aux interventions de la Minusca que la tension a un peu diminué », témoigne-t-il.
Depuis ces événements, un climat de peur continue de régner dans la ville. Plusieurs habitants disent craindre une reprise des violences, tandis que les activités économiques et sociales peinent à reprendre normalement.
Cette inquiétude a été renforcée par la découverte, dans la nuit du 24 juin, du corps sans vie d’un homme âgé sur l’axe menant vers Bangui. Pour l’heure, les circonstances de son décès demeurent inconnues. Bien qu’aucun lien n’ait été établi entre cette découverte et les échanges de tirs, cet événement alimente davantage les inquiétudes des habitants et témoigne du climat d’insécurité qui prévaut actuellement à Zémio.
