Dans le quartier Sambrola, situé dans la commune de Bimbo, la vente de sable constitue une importante source de revenus pour de nombreux jeunes. Extrait des lits de rivières ou des carrières, le sable est vendu aux particuliers et aux entreprises pour alimenter les chantiers de construction de la capitale. Cette situation liée au manque d’emplois et au taux élevé d’analphabétisme, a obligé plusieurs habitants de choisir cette activité pour subvenir aux besoins de leurs familles.
C’est sous le soleil est à peine lever que l’activité bat déjà son plein à Sambrola. Au bord de la route, des tas de sable soigneusement alignés, attendent les premiers clients. Derrière ces monticules se cachent des heures de travail pénible et l’espoir de dizaines de jeunes qui ont fait de la vente de sable leur principale source de revenus. Âgé de 34 ans, Paulin exerce ce métier depuis cinq ans. Chaque matin à 6 heures, il se rend sur son lieu de travail pour extraire le sable avant de le mettre en vente : « L’avantage avec le sable, c’est que ça donne l’argent directement. Le jour où je vends, je peux acheter le riz, les médicaments et payer l’école des enfants. Sans ça, beaucoup de familles ici n’auraient rien », témoigne-t-il.
Cependant, cette activité reste confrontée à plusieurs difficultés. Les revenus sont irréguliers, notamment pendant la saison des pluies où les fortes précipitations compliquent l’extraction et peuvent emporter les tas de sable. Aussi vendeur de sable au long de la route principale menant vers le quartier Orchidée, Junior, évoque les difficultés du métier : « Le plus grand problème, c’est quand il pleut beaucoup. On ne travaille pas correctement parce que l’eau est abondante et peut emporter les tas de sable. Même en saison sèche, il y a des jours où personne ne vient acheter. On passe parfois toute la journée sans vendre », explique-t-il.
Notons qu’à Sambrola, la vente de sable est bien plus qu’un simple commerce. C’est un moyen de survie pour plusieurs familles. Entre les intempéries, les journées sans clients et la pénibilité du travail, ces jeunes poursuivent leurs efforts avec détermination, convaincus que chaque chargement vendu représente un repas, des frais de scolarité ou des soins médicaux pour leurs proches.
