Spread the love

À quelques kilomètres de la ville d’Alindao, dans la préfecture de la Basse-Kotto, les familles installées sur le site de Gbakatchou continuent de vivre dans des conditions difficiles après les violences qui les ont contraintes à quitter leurs localités. Bien que l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) y ait construit près de 200 maisons pour les accueillir, les habitants disent être confrontés à un manque d’eau potable, de services de santé, d’école et de terres cultivables. Ils lancent un appel à l’aide.

Après les crises qui ont secoué Alindao et ses environs, de nombreuses familles ont perdu leurs maisons, leurs biens et leurs moyens de subsistance. Pour leur offrir un abri, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a aménagé le site de Gbakatchou, également connu sous le nom de Patro 1, où près de 200 logements ont été construits.

Aujourd’hui, plusieurs habitants estiment que leurs besoins ne se limitent plus à un toit. Selon eux, l’accès à l’eau potable reste difficile malgré les trois forages réalisés sur le site. Ils évoquent également l’absence d’un centre de santé, d’une école et de terres cultivables, des services qu’ils jugent essentiels pour reconstruire leur vie. Gervais Gofete, déplacé interne et père de neuf enfants, explique que le logement reçu ne suffit pas à répondre aux besoins de sa famille : « Cela fait deux mois et demi que je vis dans cette maison construite par l’OIM. Avant les événements, je cultivais et j’élevais des animaux. J’ai tout perdu. La maison est trop petite pour accueillir toute ma famille. Une partie de mes enfants vit aujourd’hui dans une maison louée et cela m’inquiète beaucoup. Je n’ai plus d’activité pour gagner ma vie ni de champ à cultiver. Trouver de quoi nourrir ma famille est devenu très difficile. Malgré l’aide reçue, nous traversons encore une période compliquée. », a-t-il déclaré

Sur le même site, Clarisse Boudoumadou, déplacée de Kongbo, raconte les difficultés auxquelles elle est confrontée. Veuve, elle élève deux de ses enfants ainsi que les trois enfants de sa grande sœur décédée pendant les violences. Selon elle, certaines distributions d’aide mériteraient une meilleure organisation afin que les bénéficiaires puissent en profiter dans de bonnes conditions. Elle estime également que la construction d’un centre de santé constitue une priorité pour les habitants du site : « Ma vie est devenue très difficile. Je suis hébergée chez une amie avec mes enfants. Elle nous aide malgré ses propres difficultés. J’aimerais retourner dans mon village, mais je n’en ai pas encore la possibilité. Aujourd’hui, je ne sais plus vers qui me tourner pour améliorer notre situation. », affirme-t-elle

Pour Radium Ndakpa, déplacé venu d’Élim, à environ 33 kilomètres de Kongbo, les besoins les plus urgents sont clairement identifiés : « L’eau, c’est la vie. Les trois forages ne suffisent pas parce que nous sommes nombreux. Nous souhaitons la construction de nouveaux forages, d’un centre de santé et d’une école afin d’améliorer les conditions de vie des familles installées ici. » déclare-t-il

Interrogé sur ces préoccupations, le sous-préfet d’Alindao, Jean Gilbert Gbangoudou, reconnaît que plusieurs infrastructures font encore défaut sur le site : « Il est vrai que le site ne dispose pas encore d’un centre de santé ni d’une école. Nous sommes conscients de cette situation et nous travaillons pour trouver des solutions. », a-t-il déclaré

Il est important de souligner qu’en attendant des avancées, les familles de Gbakatchou poursuivent leur quotidien avec les moyens dont elles disposent. Entre les difficultés d’accès aux services de base et le manque d’activités génératrices de revenus, elles gardent l’espoir que leur situation s’améliorera afin de retrouver progressivement des conditions de vie plus dignes.

About The Author

Souscrivez à notre Newsletter