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À environ trois kilomètres de la ville d’Alindao, dans la préfecture de la Basse-Kotto, des femmes se retrouvent chaque jour près d’une source pour éplucher du manioc après son rouissage. Cette activité, qui s’inscrit dans le processus de transformation du manioc, constitue pour plusieurs ménages un moyen de subsistance.

À l’ombre des arbres, au bord d’une source située à quelques kilomètres d’Alindao, le calme est rythmé par les échanges entre les femmes et le bruit des épluchures de manioc qui s’accumulent. Après plusieurs jours de rouissage, chacune s’active à retirer l’écorce des tubercules avant les étapes suivantes de leur transformation. Pour ces femmes, ce travail est bien plus qu’une simple tâche quotidienne : il représente une source de revenus et un moyen de soutenir leurs familles.

Parmi elles, Nadège Prisca Gboro raconte que l’agriculture est devenue le principal pilier de son foyer depuis les crises qui ont affecté la ville d’Alindao : « Grâce à l’agriculture, je prends soin de ma famille. Depuis les événements qui ont secoué Alindao, mon mari n’a pas encore trouvé de travail. Ce que nous récoltons dans nos champs nous permet de nous nourrir et de faire face à certaines dépenses du ménage », confie-t-elle.

Au fil des saisons, elle cultive le manioc et d’autres produits vivriers avec l’espoir de garantir un minimum de stabilité à sa famille. Malgré les difficultés, elle continue de croire que le travail de la terre reste l’un des rares moyens de préserver l’équilibre de son foyer.

Non loin d’elle, Gemima, 17 ans, mère d’un enfant, partage un parcours marqué par les épreuves. Abandonnée par son mari, elle affirme avoir trouvé dans l’agriculture un moyen de ne pas baisser les bras : « Mon mari m’a abandonnée. Aujourd’hui, c’est grâce à l’agriculture que j’arrive à prendre soin de mon enfant. Je travaille chaque jour pour qu’il ne manque pas de nourriture et pour répondre, autant que possible, à ses besoins », explique-t-elle.

Son histoire illustre celle de nombreuses jeunes femmes qui, malgré leur âge et les difficultés de la vie, s’appuient sur les activités agricoles pour assurer leur autonomie et celle de leurs enfants.

Autour de la source, les femmes poursuivent leur travail dans une ambiance de solidarité. Pendant que certaines épluchent le manioc, d’autres échangent des conseils sur les récoltes ou les difficultés rencontrées dans les champs. Ces moments de travail collectif témoignent aussi des liens de soutien qui se tissent entre elles face aux défis du quotidien.

À Alindao, l’agriculture continue d’occuper une place essentielle dans la vie de nombreux ménages. Bien au-delà de la production alimentaire, elle constitue pour plusieurs familles une source de revenus et un moyen de surmonter les difficultés du quotidien, dans un contexte où les opportunités d’emploi demeurent rares. Les témoignages de Nadège et de Gemima reflètent la réalité de nombreuses femmes qui, par leur travail dans les champs et la transformation du manioc, contribuent chaque jour à la survie et au bien-être de leurs familles.

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