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À Berberati, dans la préfecture de la Mambéré-Kadeï, le transport de la viande de bœuf à moto est devenu une pratique de plus en plus visible. Faute de moyens de transport adaptés au niveau de l’abattoir, les carcasses et morceaux de viande sont acheminés à moto jusqu’au marché central. Une situation qui suscite des inquiétudes quant aux conditions d’hygiène et aux risques éventuels pour la santé des consommateurs. Face à cette réalité, les habitants appellent à l’amélioration des conditions de transport afin de garantir la qualité de la viande et de préserver la santé publique.

Sur les axes de la ville de Berberati, il n’est pas rare de voir de la viande de bœuf transportée à l’arrière des motos, depuis l’abattoir jusqu’au marché central. Une pratique qui s’explique notamment par l’absence de moyens roulants adaptés pour assurer le transport des carcasses dans de bonnes conditions d’hygiène. Cette situation suscite de profondes inquiétudes au sein de la communauté, particulièrement chez les consommateurs. Aïssatou Adamou, présidente de l’Association des femmes musulmanes de la Mambéré-Kadéï, fait part de ses préoccupations : « À Berberati, nous sommes exposés à des risques du fait que la viande de bœuf est transportée à moto, depuis l’abattoir jusqu’au marché central. Pire encore, la viande est souvent recouverte de sacs très sales, ce qui nous expose à diverses maladies », déplore-t-elle.

Du côté des professionnels de l’élevage, cette pratique n’est pas nécessairement un choix, mais plutôt une solution imposée par le manque de moyens adéquats. Melvin Rodrigue Rama-Ralf, chef de secteur d’élevage de la Mambéré-Kadeï, reconnaît que les conditions actuelles de transport de la viande restent préoccupantes : « Les conditions de transport de la viande de bœuf sont très mauvaises. Mais, comme l’abattoir ne dispose pas de moyens roulants pour assurer son transport, les bouchers sont obligés d’utiliser les motos. S’ils ne le font pas, on risque de tomber dans une pénurie de viande, alors même que les bœufs sont disponibles », explique-t-il.

Au-delà des difficultés logistiques, c’est la question de l’hygiène qui demeure au cœur des préoccupations. Transportées sur des motos et parfois protégées par des sacs ou des couvertures dont la propreté n’est pas toujours garantie, les carcasses et les morceaux de viande sont exposés à la poussière, aux saletés et aux autres sources de contamination présentes sur la route.

Pour les professionnels de santé, le respect des règles d’hygiène lors du transport de la viande est essentiel pour limiter les risques sanitaires. Jean Christian Zabo, chef de centre du poste de santé privé de Bingoté, s’inquiète de la situation et interpelle les autorités : « C’est très malheureux de voir qu’une grande ville comme Berberati ne dispose pas d’un dispositif adéquat pour assurer l’hygiène dans le transport des carcasses de bœuf, de l’abattoir jusqu’au marché central. C’est vraiment inquiétant, car transporter la viande dans de mauvaises conditions peut exposer la population à des risques sanitaires. Je lance donc un appel aux autorités locales et au gouvernement pour qu’ils veillent à l’amélioration de ces conditions, car c’est la santé de toute la communauté qui est concernée », lance-t-il.

Notons qu’en attendant des solutions durables, la viande continue d’être acheminée de l’abattoir vers le marché central dans des conditions jugées préoccupantes par plusieurs acteurs. À Berbérati, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre la nécessité d’approvisionner la population en viande et l’obligation de garantir son transport dans des conditions respectueuses des normes d’hygiène et de sécurité sanitaire.

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