Spread the love

À Bangui, la situation des personnes atteintes de troubles mentaux suscite de plus en plus d’inquiétudes. Face aux besoins croissants en matière de prise en charge, le personnel du Centre psychiatrique de Bangui tire la sonnette d’alarme et appelle à une mobilisation accrue autour de la santé mentale. Cet appel intervient à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre dernier.

En République centrafricaine, plusieurs facteurs peuvent fragiliser la santé mentale des populations. Les traumatismes psychologiques, les deuils, les violences, les déplacements forcés, les difficultés économiques et les conflits familiaux figurent parmi les situations susceptibles de provoquer ou d’aggraver des troubles psychiques. Dans un contexte marqué par les conséquences de plusieurs années de crise, ces difficultés représentent un véritable défi de santé publique.Au quotidien, les personnes confrontées à ces troubles ont besoin d’un accompagnement adapté, d’un suivi médical et d’un environnement favorable à leur rétablissement. Pourtant, la santé mentale demeure souvent entourée de préjugés et d’incompréhensions, qui peuvent freiner la recherche d’aide et compliquer la prise en charge des personnes concernées.

Face à cette situation, le personnel du Centre psychiatrique de Bangui appelle à une plus grande prise de conscience collective. La prévention, le dépistage précoce et l’accès aux soins spécialisés constituent des éléments essentiels pour améliorer la prise en charge des patients. Joseph Kengoua, psychiatre au Centre psychiatrique de Bangui, revient sur l’importance de cette journée et insiste sur le respect de la dignité des personnes atteintes de troubles mentaux: « Nous savons que la Journée mondiale de la santé mentale est une journée célébrée pour attirer l’attention de tout le monde sur les problèmes que traversent les patients atteints de ces maladies. Nous devons veiller au respect de leur dignité, car une personne peut paraître bien physiquement, mais traverser une grande souffrance psychologique. Il est donc important de savoir écouter, d’observer les changements de comportement et surtout de ne pas banaliser une souffrance qui persiste », explique-t-il.

À travers la célébration du 10 octobre, l’objectif est de rappeler que la santé mentale concerne tout le monde. Elle mérite d’être prise en compte dans les familles, les écoles, les lieux de travail et au sein de la communauté. Pour le psychiatre, chacun doit apprendre à parler de ses difficultés et à chercher de l’aide lorsque cela devient nécessaire: « Il faut arrêter de considérer la santé mentale comme un sujet dont on doit avoir honte. Parler de ce que l’on ressent, écouter les autres et consulter lorsque cela est nécessaire sont déjà des pas importants vers le mieux-être », conclut-il.

Au-delà de cette journée de sensibilisation, le défi reste donc de faire de la santé mentale une priorité au quotidien. Cela passe par une meilleure information de la population, la lutte contre la stigmatisation et un accès plus facile aux services de soins spécialisés. Car derrière chaque trouble psychique, il y a une personne qui a besoin d’écoute, de compréhension et d’un accompagnement adapté pour retrouver son équilibre et préserver sa dignité.

About The Author

Souscrivez à notre Newsletter