Le ministère de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Bonne gouvernance a décidé de retirer son accord de partenariat avec l’association IGWE ce mardi 20 octobre 2026. Cette décision ministérielle intervient dans un contexte marqué par la détention, depuis le 15 octobre dernier, du leader de cette organisation, Quentin Claver Ngbouando, présenté comme l’une des figures de l’organisation de la journée « ville morte » du 12 octobre 2026.
Selon le document portant retrait de l’accord de partenariat, le ministère reproche à l’association IGWE deux manquements majeurs : la non-production de ses rapports d’activités depuis la signature de l’accord, le 17 janvier 2025, et le non-respect de ses objectifs statutaires.
Cette décision intervient également dans un contexte de controverses autour de la reconnaissance administrative de l’organisation. Cependant il y a quelques jours, le ministère de l’Intérieur avait indiqué que l’association IGWE ne figurait pas dans le fichier des organisations agréées par le ministère de l’Administration du territoire. Cette déclaration soulève des interrogations sur le statut administratif de l’association et sur les conditions dans lesquelles celle-ci a établi son partenariat avec le ministère de la Justice.
La coexistence de ces deux éléments, à savoir le retrait de l’accord de partenariat et les interrogations sur l’agrément de l’organisation, relance ainsi le débat sur le respect des procédures administratives applicables aux associations en République centrafricaine.
Cependant, à ce stade, l’association IGWE, mise en cause dans cette décision, n’a pas encore réagi publiquement. Entre le retrait de son partenariat ministériel, les questions relatives à sa reconnaissance administrative et la détention de son leader, l’organisation se retrouve au centre de l’actualité centrafricaine.
En rappel, l’association IGWE s’est jointe à d’autres acteurs de la société civile pour demander la révision de la décision visant à augmenter les prix du carburant et de la viande sur les marchés en République centrafricaine.
Cette position s’inscrit dans un contexte marqué par les préoccupations liées au coût de la vie et à la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Le retrait de son accord de partenariat avec le ministère de la Justice vient ainsi raviver le débat sur les relations entre les autorités publiques et les organisations de la société civile, notamment sur la place de ces dernières dans les revendications sociales et la défense des intérêts de la population.
Notons qu’à travers cette mesure, le ministère entend mettre fin à la collaboration avec l’organisation concernée. Toutefois, cette décision soulève plusieurs interrogations : intervient-elle uniquement en raison des manquements administratifs et statutaires reprochés à l’association, ou existe-t-il un lien entre le retrait de ce partenariat et la détention du leader de l’IGWE à la SRI ? Pour l’heure, aucun élément contenu dans la décision ne permet d’établir un lien direct entre ces événements.
A suivre
