La recrudescence des cas de paludisme et d’anémie chez les enfants préoccupe les autorités sanitaires du centre pédiatrique de l’hôpital secondaire d’Alindao, dans la préfecture de la Basse-Kotto. Selon le personnel soignant, 123 enfants ont été pris en charge pour ces deux maladies au cours du mois d’octobre. Cette situation survient dans un contexte marqué par une insuffisance préoccupante de médicaments, qui complique la prise en charge des jeunes patients. Face à cette situation, les responsables sanitaires appellent les parents à renforcer les mesures de prévention et exhortent le gouvernement ainsi que ses partenaires à approvisionner la structure en médicaments afin d’améliorer les soins prodigués aux enfants.
Au centre pédiatrique de l’hôpital secondaire d’Alindao, la situation est palpable. Dans les salles de soins, certains enfants suivent leur traitement, tandis que d’autres attendent leur tour pour être consultés. Après plusieurs heures d’attente, Patricia, venue faire examiner son enfant fiévreux, témoigne des difficultés rencontrées par les parents : « Mon enfant fait de la fièvre depuis un certain temps. C’est pourquoi je suis obligée de l’amener ici pour une consultation. Mais depuis notre arrivée, nous attendons toujours notre tour », explique-t-elle.
Cette hausse des cas de paludisme et d’anémie suscite une vive inquiétude au sein de l’équipe soignante. Vêtu de sa blouse blanche, Pacôme Vivien BANGASSOU, major du centre pédiatrique, se dit préoccupé par l’augmentation du nombre d’enfants atteints de ces maladies : « Au cours de ce mois d’octobre, nous avons reçu 123 enfants atteints de paludisme et d’anémie. Ce chiffre est en nette hausse par rapport aux mois précédents. Toutefois, ce bilan n’est pas encore exhaustif, car plusieurs enfants sont toujours dans la file d’attente pour se faire consulter », précise-t-il.
Au-delà de l’augmentation des cas, l’insuffisance de médicaments et le manque de moyens nécessaires à la prise en charge des patients constituent un véritable défi pour le personnel soignant. Cette situation limite les capacités du centre à répondre efficacement aux besoins des enfants malades. Selon Pacôme Vivien BANGASSOU, plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue de ces maladies, à savoir l’exposition aux moustiques infectés et les carences nutritionnelles. Il appelle ainsi les parents à adopter des mesures préventives pour protéger leurs enfants : « Nous demandons aux parents de faire dormir leurs enfants sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide, de leur assurer une alimentation équilibrée et de les conduire rapidement dans un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes. Nous lançons également un appel au gouvernement et à ses partenaires pour qu’ils nous fournissent des médicaments en quantité suffisante, car nos stocks actuels ne nous permettent pas de répondre aux besoins des enfants atteints de ces maladies », souligne-t-il.
Soulignant que dans l’attente d’un renforcement des stocks de médicaments et des moyens de prise en charge, le personnel soignant du centre pédiatrique d’Alindao reste confronté à une demande croissante de soins, dans un contexte qui fragilise davantage l’accès des enfants aux traitements.
