La capitale centrafricaine fait face à de nouvelles difficultés d’approvisionnement en carburant depuis le mercredi 28 octobre 2026. Cette situation, marquée par la fermeture de plusieurs stations-service, entraîne une hausse des prix dans les points de vente informels, où le litre d’essence se vend entre 2 000 et 2 250 FCFA. Elle accentue les inquiétudes de la population, déjà éprouvée par la récente augmentation officielle des prix des produits pétroliers.
Cette nouvelle pénurie intervient moins d’un mois après la décision du gouvernement d’augmenter les tarifs à la pompe. Depuis le 1er octobre 2026, le litre d’essence est passé de 1 050 à 1 150 FCFA pour les particuliers, tandis que celui du gasoil est passé de 1 250 à 1 400 FCFA. Avec les difficultés actuelles d’approvisionnement, les consommateurs doivent désormais débourser entre 2 000 et 2 250 FCFA pour un litre d’essence dans les points de vente informels.
Cette situation met à rude épreuve les consommateurs, qui déplorent non seulement la flambée des prix, mais aussi la rareté du carburant sur le marché. Parmi les personnes directement touchées figurent les conducteurs de moto-taxi, dont l’activité dépend quotidiennement de la disponibilité du carburant. Selon Blaise Ngoumbi, conducteur de moto-taxi, cette pénurie complique considérablement son travail: « Depuis hier, trouver du carburant est devenu un véritable problème. Quand nous en trouvons chez les revendeurs, le litre coûte 2 000 FCFA. Nous devons pourtant travailler pour nourrir nos familles. Avec ces prix, nous sommes obligés de revoir nos dépenses et parfois nos tarifs », explique-t-il.
Les passagers subissent également les conséquences de cette flambée des prix. Marie-Claire Yambala, une passagère rencontrée sur le trajet Bimbo-Sica, déplore l’augmentation des frais de transport: « J’ai payé 1 000 FCFA pour aller de Bimbo à Sica, alors qu’habituellement, je paie 400 FCFA. C’est moins de cinq kilomètres, mais nous sommes obligés de payer davantage pour arriver à destination. Avec les autres dépenses quotidiennes, cette situation devient vraiment difficile », témoigne-t-elle.
De son côté, Ephraime affirme avoir passé plusieurs heures à chercher une moto pour se rendre au travail. Il s’inquiète des conséquences de cette situation sur les déplacements quotidiens: « C’est vraiment difficile de trouver des motos depuis ces derniers jours à cause de cette pénurie. Ce matin même, j’ai passé presque deux heures à attendre une moto pour aller au travail. Si cela persiste, on ne sait pas vraiment comment faire. Nous demandons au gouvernement de trouver une solution à cette préoccupation », lance-t-il.
Les revendeurs de carburant sont eux aussi confrontés aux difficultés d’approvisionnement. Merveil, vendeur au détail, affirme que l’obtention de carburant auprès des stations-service est devenue particulièrement compliquée: « Comme vous l’avez constaté, trouver de l’essence est très difficile. Même nous qui vendons dans les différents points de vente, nous pouvons passer des heures, voire des jours, à en chercher. Pour en obtenir un peu, il faut parfois payer les pompistes, sinon ils ne nous en vendent plus. C’est pourquoi nous avons augmenté les prix », affirme-t-il.
Notons que cette pénurie vient ainsi aggraver les difficultés quotidiennes de la population de Bangui, déjà confrontée à la récente hausse des prix des produits pétroliers à la pompe. En attendant un retour à la normale de l’approvisionnement, les consommateurs, les conducteurs de moto-taxi et les revendeurs restent confrontés à une situation préoccupante.
