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La Section d’assises de la Cour pénale spéciale (CPS) a poursuivi, lundi 16 mars 2026 à Bangui, l’audience dans l’affaire dite « Guen », avec l’audition du témoin Serges Trixi Bappet, ancien maire de la localité au moment des faits et actuellement député. Cette session a mis en lumière le récit d’un témoin sur les attaques attribuées aux Antibalaka. Pendant ce procès, l’occasion d’annonce le décès de l’accusé Mathurin Kombo, entraînant l’extinction de l’action publique à son égard.

Après avoir examiné d’éventuels liens entre le témoin et les accusés, la Cour a jugé son témoignage recevable et l’a autorisé à prêter serment. Devant les juges et les avocats de la défense, Serges Trixi Bappet a raconté que les combattants Antibalaka étaient entrés dans la localité de Guen le samedi 1er février vers 5 heures du matin, tirant dans le but de piller et de massacrer les habitants. Selon lui, les assaillants ont appelé les habitants à sortir de leurs maisons, provoquant la panique. Dans l’après-midi, certains notables ont tenté d’expliquer aux combattants qu’il n’y avait pas de combattants Séléka à Guen, mais uniquement des civils musulmans, pour tenter de protéger la population.

Le témoin a également évoqué les violences survenues au domicile du chef Ali Garba, où des civils musulmans avaient été regroupés par les Antibalaka. Il a indiqué avoir trouvé l’accusé Dieudonné Gomitoua en train de tenter de convaincre les assaillants qu’il s’agissait de civils, et a précisé qu’il avait été menacé lorsqu’il est intervenu pour appuyer ces propos. Selon lui, Edmond Beina était le chef des Antibalaka dans la zone et portait une responsabilité majeure dans les violences commises à Guen.

De son côté, Edmond Beina a contesté les propos du témoin, remettant en cause sa crédibilité. Il a notamment affirmé que Serges Trixi Bappet aurait participé au pillage de biens appartenant à des musulmans et serait impliqué dans la mort du conseiller Bandjoukou. Le témoin a rejeté ces accusations, les qualifiant de mensongères, rappelant qu’en tant qu’autorité locale au moment des faits, il n’avait jamais pris part à des actes de violence ou de pillage.

Notons que l’audience s’est déroulée dans un climat tendu, marqué par des témoignages poignants et des confrontations entre les accusés et le témoin. Si certains contestent leur implication directe, le récit de Serges Trixi Bappet met en lumière la gravité des violences survenues à Guen et souligne la difficulté pour la Cour de démêler responsabilités individuelles et logiques de représailles.

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