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À Bangui, de nombreux jeunes et personnes âgées se livrent quotidiennement au ramassage de ferraille et d’autres matériaux recyclables dans les poubelles et les canaux d’évacuation d’eau afin de gagner leur vie. Cette activité, pratiquée depuis plusieurs années dans différents quartiers de la capitale, leur permet de subvenir à leurs besoins malgré les risques sanitaires auxquels ils sont exposés, notamment le tétanos, les infections et d’autres maladies liées à la manipulation des déchets.
Après plusieurs heures de collecte, les récupérateurs se rendent dans les points d’achat où le kilogramme de ferraille est acheté à 50 francs CFA. Cette activité peut leur rapporter jusqu’à 2 500 francs CFA, voire davantage, par jour. C’est le cas de Nono, un jeune homme rencontré dans un canal d’évacuation du 5ᵉ arrondissement de Bangui : << C’est ma seule activité génératrice de revenus. Elle m’aide beaucoup, car chaque jour je gagne au moins 3 000 francs CFA, parfois plus. Cela me permet de subvenir à mes besoins >>, a-t-il confié.
Souvent considérée à tort comme insignifiante, cette activité permet également à Malick Ben, père de deux enfants, de payer son loyer et de prendre soin de sa famille : << Beaucoup de gens minimisent ce que nous faisons à cause des apparences. Pourtant, ce travail est rentable. J’ai deux enfants et c’est grâce à cette activité que je parviens à les entretenir. Je ne fais pas attention à ce que disent les gens >>, affirme-t-il tout en ramassant des morceaux de métal sans équipement de protection.
Comme le dit le proverbe, chaque médaille a son revers. Si le ramassage de ferraille constitue une source de revenus pour de nombreuses personnes, il comporte également des risques sanitaires importants : << Les récupérateurs de métaux sont exposés à plusieurs risques pour leur santé. En manipulant ces objets, ils peuvent contracter le tétanos en cas de blessure. Ils sont également exposés à l’hépatite B, aux parasites intestinaux ainsi qu’à d’autres infections >>, explique Junior Gandombi, infirmier diplômé d’État.
Il recommande toutefois le port d’équipements de protection : << Il est important que ces personnes portent des gants, des bottes et des cache-nez afin de réduire les risques liés à cette activité >>, ajoute-t-il.
Bien que rentable, le ramassage de ferraille exige donc le respect de certaines mesures de prévention. La prise en compte de ces risques et l’adoption d’équipements de protection constituent des moyens essentiels pour préserver la santé des pratiquants.
