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Edmond Beina, poursuivi pour son implication présumée dans les crimes commis à Guen, a de nouveau rejeté les accusations portées contre lui lors de son audition ce lundi 8 juin 2026 devant la Cour pénale spéciale à Bangui. Face aux questions du Parquet spécial et des parties civiles, il a contesté plusieurs éléments du dossier et nié tout rôle dans les massacres de civils musulmans.

À la barre, le substitut du Procureur spécial, Alexandre Tindano, a confronté l’accusé à plusieurs procès-verbaux du dossier. Selon ces documents, Edmond Beina aurait déclaré avoir rejoint Guen à l’invitation de François Boybanda et expliqué avoir intégré les Antibalaka après des violences attribuées aux ex-Séléka. Des propos qu’il a rejetés devant la Cour, contestant leur contenu : << Je n’ai jamais été membre des Antibalaka. Je suis venu à Guen uniquement pour ma famille >>, a-t-il déclaré.Sur les événements survenus à Guen, notamment les massacres de civils musulmans, l’accusé reconnaît sa présence sur les lieux mais affirme ne pas avoir participé aux exécutions. Il soutient avoir agi à distance et sans implication directe. Concernant la mort du jeune Emerson, Edmond Beina affirme qu’un combattant Antibalaka en serait l’auteur. Il explique avoir condamné cet acte et remis 40 000 francs CFA à la famille pour aider au transport du blessé. Malgré cela, la victime aurait succombé à ses blessures. L’accusé ajoute qu’après le lynchage du présumé auteur, son corps a été déposé devant son domicile, ce qui l’aurait poussé à quitter la localité.

Le Parquet spécial a relevé plusieurs incohérences entre ces déclarations et les éléments du dossier, estimant que son nom apparaît dans plusieurs épisodes liés aux violences de Guen. De son côté, la partie civile, représentée par Me Samuel Dangassa, a interrogé l’accusé sur sa connaissance des préparatifs des attaques et ses liens supposés avec les responsables Antibalaka : << Je n’avais aucune connaissance des attaques et je ne connais pas les auteurs des massacres >>, a-t-il répondu.Interrogé par le président de la Cour, Edmond Beina a reconnu que l’auteur présumé du meurtre d’Emerson logeait chez lui et utilisait sa moto avant les faits. Il a également admis avoir procédé à son inhumation après son lynchage, tout en niant toute appartenance au mouvement armé.

L’accusé maintient qu’il n’est ni commanditaire ni participant aux crimes reprochés. Les débats se poursuivent devant la Cour pénale spéciale afin de faire la lumière sur les événements survenus à Guen.

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