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Alors que les établissements scolaires de la capitale ferment leurs portes pour les vacances, de nombreux enfants arpentent les abords des routes pour vendre des chenilles. Munis de petits plats contenant cette denrée très prisée, ils s’approchent des véhicules et des passants dans l’espoir de réaliser quelques ventes. Si cette activité permet à certaines familles d’améliorer leurs revenus, elle expose également ces jeunes vendeurs aux risques de la circulation routière.

Dès les premières heures de la journée, garçons et filles quittent les étals de leurs mères, de petits plats de chenilles à la main. Dans chaque récipient, deux ou trois tas soigneusement préparés sont proposés à 500 francs CFA l’unité.

Au passage d’un taxi, d’une moto ou d’un véhicule particulier, ces jeunes vendeurs n’hésitent pas à s’approcher des automobilistes et des passants, traversant parfois la chaussée au milieu de la circulation pour attirer d’éventuels clients. Une pratique qui inquiète de nombreux riverains en raison des risques d’accidents. Âgé de 11 ans, Rodrigue vend des chenilles pendant toutes les vacances scolaires. Rencontré au bord de la route avec son plat et plusieurs sachets de réserve, il explique sa motivation : « Je vends les chenilles pendant les vacances pour aider ma maman. Quand je termine un plat, je retourne au marché pour en prendre un autre. Avec l’argent, je pourrai aussi acheter mes cahiers et mes stylos pour la rentrée », a-t-il partagé.

Pour les commerçantes, cette activité représente une source de revenus complémentaire qui permet d’anticiper les dépenses de la prochaine rentrée scolaire. Martine, vendeuse de chenilles au marché de Bimbo : « Nous leur donnons quelques tas de chenilles à vendre et ils se débrouillent. L’argent qu’ils gagnent sert à acheter les cahiers, les uniformes ou d’autres fournitures scolaires », explique-elle.

Cependant, cette activité ne fait pas l’unanimité. Ornella Kosene souligne les risques liés à ce commerce : « Il est vrai que le commerce des chenilles permet à ces enfants de gagner un peu d’argent pour acheter leurs fournitures scolaires. Mais derrière cette activité se cache un réel danger. Les conditions dans lesquelles ils vendent les chenilles sont très précaires. Ils sont constamment exposés aux risques d’accidents de la circulation, notamment avec les motos et les voitures, puisqu’ils effectuent sans cesse des va-et-vient pour proposer leur marchandise aux passants et aux automobilistes. Cette situation représente une véritable menace pour leur sécurité », a-t-elle déclaré.

Face à cette situation, Donald Nzi Adoum, coordonnateur du Centre pour la protection et la défense des droits de l’enfant, appelle les parents à assumer pleinement leurs responsabilités : « Il est vrai qu’un enfant doit apprendre à exercer une activité et à développer le sens du travail. Toutefois, les parents ont le devoir de veiller avant tout à sa sécurité. Pendant les grandes vacances, les enfants ont aussi besoin de repos. Les envoyer vendre des chenilles sur les marchés ou au bord des routes les expose à de nombreux dangers, notamment aux risques d’accidents liés à la circulation. Les parents doivent privilégier des activités adaptées à leur âge et s’assurer que leurs enfants évoluent dans un environnement sûr », a-t-il déclaré.

Selon les enfants rencontrés, chacun peut effectuer deux à trois tournées par jour. Avec des tas de chenilles vendus à 500 francs CFA l’unité, certains parviennent à gagner jusqu’à 4 500 francs CFA, voire davantage lorsque les ventes sont bonnes.

Il est important de souligner que cette présence quotidienne d’enfants au bord des routes soulève des interrogations sur leur sécurité. Entre le va-et-vient des taxis, des motos et des véhicules particuliers, ces jeunes vendeurs restent exposés au risque d’accident. Pour de nombreux observateurs, la nécessité de contribuer aux dépenses familiales ne devrait pas se faire au détriment de leur sécurité.

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