Ces dernières années, les églises prophétiques et les cellules de prière se multiplient en République centrafricaine, notamment à Bangui. Si ces lieux de culte permettent aux fidèles de vivre leur foi et de se consacrer à la prière, leur proximité avec les habitations suscite parfois des réactions. Certains riverains dénoncent des nuisances sonores qui perturbent leur quotidien et appellent les responsables religieux à faire preuve de davantage de considération envers leur voisinage.
Dans plusieurs quartiers de Bangui, il est fréquent de voir des églises et des cellules de prière installées à proximité des habitations. À travers les chants, les prières et les séances de délivrance, les fidèles expriment leur foi et recherchent un réconfort spirituel. Toutefois, les pratiques de certaines communautés religieuses suscitent des mécontentements chez des riverains, qui déplorent notamment le volume sonore des prières organisées tôt le matin ou tard dans la nuit.
« À mon avis, certains endroits ne devraient pas accueillir des lieux de culte à proximité des habitations. Mais certaines personnes ne semblent pas en tenir compte et s’installent n’importe où. Les nuisances sonores nous dérangent jour et nuit. Elles empêchent même les enfants de réviser leurs leçons le soir », déplore Marcial, un riverain du quartier Galabadja.
Même parmi les chrétiens, ces pratiques ne font pas l’unanimité. Benjamin Denamnguéré estime que la transformation de certaines maisons en cellules de prière, sans tenir suffisamment compte du voisinage, est une source de perturbation: « Écoutez, je suis chrétien, mais je ne suis pas d’accord avec ce que font certaines personnes qui se présentent comme des hommes de Dieu. Si elles souhaitent ouvrir une église, elles devraient chercher un endroit approprié, en tenant compte de la présence des habitants. Jour et nuit, elles crient. Est-ce ainsi que nous devons pratiquer la religion ? En tout cas, elles exagèrent », dénonce-t-il.
De son côté, Stéphane Ndewe, apôtre à l’église Jésus la Solution et la Paix, défend les manifestations sonores liées à la prière. Selon lui, les critiques formulées à l’encontre de certaines pratiques religieuses traduisent une incompréhension de la dimension spirituelle: « Pourquoi, lorsqu’on entend un bruit, disons-nous que cela va nous déranger ou nous tuer ? Le seul cri, c’est Jésus, parce que la Bible nous a bien rassurés dans le livre de Romains : quiconque invoquera le nom de Jésus sera sauvé. Lorsqu’il y a une épreuve, c’est pour cela que Jésus avait dit à Nicodème qu’il faut naître de nouveau. Quand tu es né du Saint-Esprit, ton langage spirituel change. Mais il y a des gens qui continuent de critiquer les choses de Dieu, alors que la Bible dit : “Ne critiquez point” », affirme-t-il.
Notons que le dialogue entre les responsables des lieux de culte et les habitants, ainsi qu’une meilleure prise en compte du voisinage dans le choix des sites d’implantation, pourraient contribuer à réduire les tensions. Par ailleurs, la loi n° 07.018 de décembre 2007 portant Code de l’environnement de la République centrafricaine interdit, en son article 60, les émissions de bruits susceptibles de nuire à la santé humaine ou de causer une gêne excessive au voisinage.
