Les déplacés peulh du site Mbella situé à environ 3km de la ville de Kaga-Bandoro, dans la Nana-Gribizi, tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation de leurs conditions de vie en cette période de Ramadan. Cette situation déplorable marquée par la crise d’eau potable dans cette cité, a suscité des vives inquiétudes chez les déplacés. Confrontés à cette situation préoccupante, ils appellent à une intervention urgente des autorités locales et du gouvernement afin d’apporter une réponse rapide à leurs besoins essentiels.
Installés sur le site de Mbella depuis 2014, à la suite des violences qui ont affecté la région de la Nana-Gribizi et les localités environnantes, ces déplacés dépendent largement de l’aide humanitaire pour subvenir à leurs besoins essentiels. Cependant, force est de constater qu’en ce mois de Ramadan considéré comme un moment de solidarité, de partage et de spiritualité pour la communauté musulmane, de nombreuses familles déplacées disent vivre une situation de plus en plus difficile avec la pénurie d’eau potable dans leur cité. Marianne, une résidente partage son calvaire : « depuis le début de ce moment de ramadan, nous vivons dans des conditions très difficiles sur le site. Pour trouver à manger, c’est parfois difficile voir trouver de l’eau à boire, nous disposons seulement des deux forages dans toutes la cité. », a-t-elle confié
Pour certains déplacés, l’assistance alimentaire et médicale se fait rare ces derniers temps. Une situation qui représente pour ces déplacés peulh un grand défi à relever pour leurs permettre de sortir de cette situation : « ces derniers temps sur le site, on ne voit pas comme auparavant, l’assistance humanitaire a radicalement baissé. Ce phénomène joue vraiment sur nous qui habitons le site, pas d’eau potable, ni de quoi à manger en ce mois de ramadan, on ne sait quoi faire. », a déclaré Issa Mahamat
Malgré les difficultés, la solidarité interne reste forte au sein du site. Pendant que certaines familles tentent de partager le peu dont elles disposent afin que chacun puisse rompre le jeûne dignement, d’autres insistent sur l’urgence d’une intervention rapide pour éviter une aggravation de la situation. Yoamacho, délégué du site Mbela 1 : « Nous faisons preuve de solidarité entre nous, mais nos moyens sont extrêmement limités. En cette période de Ramadan, nous demandons aux autorités, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide. Nous avons besoin de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et de protection pour nos enfants. Sans un soutien urgent, nos conditions de vie risquent de se détériorer davantage. », a-t-il lancé
Il est important de noter que face à ces plaintes, les regards sont désormais tournés vers les autorités administratives de République centrafricaine et les organisations humanitaires présentes dans la région, dans l’espoir d’une réponse rapide et adaptée aux besoins des déplacés du site de Mbella.
