Depuis le début de la saison des pluies, plusieurs quartiers de Bangui font face à une prolifération inquiétante de moustiques. Ce phénomène, particulièrement observé dans les quartiers Lakouanga et Pétévo, rend les journées et les nuits des habitants de plus en plus difficiles en raison des nuées de moustiques qui envahissent les concessions. Selon les autorités sanitaires, cette situation, qui alimente les craintes d’une recrudescence du paludisme, est liée notamment à l’accumulation des déchets et au manque d’assainissement dans ces quartiers.
De Lakouanga à Pétévo, la situation devient de plus en plus préoccupante. Les ordures ménagères déversées çà et là favorisent la prolifération rapide des moustiques. Dans ces quartiers, le quotidien des habitants est désormais marqué par l’inquiétude face à la hausse des cas de paludisme. Selon plusieurs témoignages, une augmentation inhabituelle du nombre de moustiques est constatée depuis les premières pluies. Pour les habitants, le lien entre cette prolifération et la multiplication des cas de paludisme ne fait aucun doute.
Résidente du quartier Lakouanga, Jocelyne déplore avec amertume cette situation : « Depuis le début des pluies, les moustiques débordent. La nuit, impossible de dormir sans moustiquaire. Ils piquent fort et le lendemain, on se réveille avec des maux de tête et le corps cassé. Mes enfants sont malades tout le temps », témoigne-t-elle.
Ce constat est partagé par Dorcas, habitante du quartier Pétévo, qui estime que le problème dépasse le simple désagrément : « C’est exagéré. Il y a des moustiques partout, même en journée. Et à chaque fois qu’on va au centre de santé, on ressort avec un test positif au palu. Pour moi, c’est clair : c’est ça qui cause le palu dans le quartier », confie-t-elle.
Face à l’ampleur de la situation, l’inquiétude grandit au sein de la population. Selon les professionnels de santé, cette prolifération s’explique principalement par l’accumulation des eaux stagnantes et le manque d’assainissement dans certaines zones urbaines. Ces conditions favorisent la reproduction rapide des moustiques, notamment de l’Anophèles, principal vecteur du parasite responsable du paludisme. Dr Léon Male, spécialiste au service de lutte contre le paludisme, explique que les zones humides et insalubres constituent des gîtes larvaires idéaux pour le développement des moustiques : « Quand les eaux stagnantes et les déchets s’accumulent, les moustiques se reproduisent plus vite. Plus il y a de moustiques, plus le risque de piqûres infectantes augmente », souligne-t-il.
Au-delà des gestes individuels, les spécialistes appellent à une mobilisation collective pour améliorer l’assainissement des quartiers et réduire les gîtes larvaires. « On peut traiter les malades, mais tant qu’on ne coupe pas la chaîne de transmission, le cycle continue. La lutte contre le paludisme commence dans chaque concession », conclut le Dr Léon Male.
Alors que la saison des pluies s’installe durablement à Bangui, les habitants de Lakouanga et de Pétévo espèrent une intensification des campagnes de sensibilisation, de nettoyage et de pulvérisation afin de freiner la prolifération des moustiques et de limiter la progression du paludisme dans la capitale centrafricaine.
