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La Cour pénale spéciale (CPS) a poursuivi, ce vendredi 29 mai 2026 à Bangui, l’interrogatoire de Dieudonné GOMITOUA, accusé dans l’affaire des violences commises à Guen en 2014. Ancien maire et ancien député de la localité, l’accusé a rejeté devant les juges les accusations selon lesquelles il aurait encouragé les éléments Antibalakas à tuer des civils musulmans. Au cours de l’audience, il a affirmé avoir au contraire tenté d’empêcher les exécutions attribuées au chef Antibalaka Edmond BEINA lors des attaques survenues dans la ville.

À l’ouverture de l’audience, le président de la Cour a rappelé les faits reprochés à l’accusé ainsi que leur qualification juridique. Prenant ensuite la parole, Dieudonné GOMITOUA s’est présenté comme ancien maire de Guen, ancien député et notable de la région.L’accusé a expliqué qu’entre septembre 2013 et février 2014, il vivait dans la brousse chez une guérisseuse traditionnelle à cause d’une grave maladie. Selon lui, il a entendu des tirs d’armes le 1er février 2014 avant d’être informé par des habitants en fuite des violences qui se déroulaient dans la ville de Guen. Il affirme avoir ensuite rejoint Gadzi pour se réfugier auprès de sa famille.

Poursuivant son témoignage, Dieudonné GOMITOUA a déclaré avoir vu, le lendemain, des éléments Antibalakas ainsi qu’Edmond BEINA au domicile du maire TRIXY. Il a présenté Edmond BEINA comme un chef du groupe Antibalaka dans la zone. L’accusé a également décrit des pratiques mystiques appelées “vaccinations”, réalisées selon lui par Edmond BEINA sur des combattants à l’aide de lames et d’une poudre noire, en échange d’argent.Devant la Cour, Dieudonné GOMITOUA a soutenu qu’avant le conflit, musulmans et chrétiens vivaient en harmonie à Guen. Il estime que l’arrivée des Séléka a provoqué l’insécurité et paralysé les autorités locales, incapables selon lui de protéger la population ou de s’opposer aux groupes armés.

Interrogé sur les violences survenues au domicile d’Ali GARBA, l’accusé a déclaré s’y être rendu malgré la peur, après avoir été encouragé par son épouse à venir en aide aux personnes menacées. Il affirme avoir découvert sur place plusieurs civils musulmans allongés au sol et entourés d’éléments Antibalakas armés.

Selon ses déclarations, il aurait tenté de convaincre Edmond BEINA de ne pas tuer les civils en lui rappelant que Guen était la terre de leurs ancêtres et qu’il ne fallait pas y faire couler le sang. Il a indiqué qu’Edmond BEINA justifiait les violences par la découverte supposée de munitions cachées chez la mère d’Ali GARBA. Cependant, l’accusé affirme n’avoir vu qu’un sceau vide.

Dieudonné GOMITOUA a ensuite raconté qu’Edmond BEINA aurait ouvert le feu sur les civils après avoir menacé le maire TRIXY. D’après son témoignage, certaines victimes ont tenté de fuir avant d’être poursuivies et tuées par des éléments Antibalakas armés de machettes et d’armes à feu. Il a précisé que les victimes étaient principalement des civils musulmans, mais aussi certains chrétiens.

Au cours de son interrogatoire, l’accusé a également évoqué d’autres personnalités citées dans le dossier. Il a affirmé connaître François BOYBANDA alias BALHERE, tout en précisant ne pas l’avoir vu à Guen au moment des faits. Concernant Philémon KAHENA, il a déclaré que ce dernier occupait le poste de président de la jeunesse, mais qu’il ne l’avait jamais vu participer aux attaques.

En réaction aux déclarations de certains témoins l’accusant d’avoir encouragé Edmond BEINA à tuer des civils musulmans, Dieudonné GOMITOUA a fermement rejeté ces accusations devant la Cour. Il a soutenu qu’il cherchait plutôt à empêcher les exécutions et à convaincre Edmond BEINA de renoncer aux violences, en lui rappelant qu’il devrait un jour répondre de ses actes devant la justice

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