À Bangui, les chenilles, très appréciées pour leur valeur nutritive et leur goût, se font rares sur les marchés. Cette rareté, observée plus tôt que les années précédentes, entraîne une forte hausse des prix et complique aussi bien la vie des vendeuses que celle des consommateurs.
Dans plusieurs marchés de la capitale, notamment à Bimbo, les commerçantes constatent une augmentation significative du prix d’achat des chenilles à la source. Une demi-cuvette de Kourka, guènèguènè ou mboyo, qui coûtait environ 15 000 F CFA à la même période l’année dernière, se négocie aujourd’hui entre 40 000 et 45 000 F CFA. Cette hausse entraine une répercussion directe sur les consommateurs : « La portion de chenilles que vous voyez dans ce sachet est à 3 000 F CFA, mais la quantité est insuffisante. Normalement, à cette période, on en mange à satiété. Malheureusement, on nous les sert encore au compte-gouttes », déplore Nina, une mère de famille.
Face à cette situation, les vendeuses disent n’avoir d’autre choix que de réduire les quantités mises en vente : « Une demi-cuvette de Kourka, guènèguènè et mboyo est passée de 15 000 F CFA l’année dernière à 40 000 ou 45 000 F CFA aujourd’hui. C’est pourquoi nous sommes obligées de les conditionner en petites quantités afin de dégager une marge », explique Jennifer, vendeuse au marché de Bimbo.
Revenue de Mbata, Afara partage le même cri d’indignation : « Il est difficile de se procurer des chenilles, même à Mbata ou à Bombabia. On se bat pour en avoir un peu avant de pouvoir en sortir. Nos clients nous en veulent, mais ce n’est pas de notre faute. Il y a réellement une baisse des chenilles cette année », souligne-t-elle.
Il est important de souligner que pour l’heure, vendeuses et consommateurs espèrent une amélioration de l’approvisionnement à partir du mois de juillet. Toutefois, certains observateurs estiment que la coupe anarchique et massive des arbres dans la Lobaye pourrait fortement réduit la production de chenilles cette année.
