La communauté internationale célèbre, ce lundi 2 novembre 2026, la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Cette journée est consacrée à la mémoire des professionnels des médias victimes de menaces, d’agressions, de tortures et d’assassinats dans l’exercice de leur métier. Elle constitue également un appel à la justice pour que les auteurs de ces violences soient identifiés, poursuivis et sanctionnés.
Informer, témoigner et donner la parole aux populations sont des missions essentielles du journalisme. Pourtant, dans plusieurs pays, notamment en République centrafricaine, l’exercice de cette profession a parfois exposé les journalistes à de graves dangers. Certains ont été persécutés, d’autres assassinés en raison de leur engagement professionnel. Des disparitions tragiques qui continuent de marquer la mémoire du paysage médiatique centrafricain.Parmi les victimes figure Raymond Daké, journaliste à la Radio Ndoyé de Bossangoa, abattu entre 2002 et 2003 alors qu’il animait une émission à l’antenne. À cela s’ajoute le cas de Blanche Elisabeth Olofio, de la Radio Beko du diocèse de Bambari, persécutée et torturée par des éléments de la Séléka. Les souffrances qu’elle a endurées ont contribué à son décès quelques années plus tard. Son parcours témoigne des risques auxquels certains professionnels des médias ont été confrontés pendant les périodes de conflit.
Un autre cas emblématique est celui de Jean-Luc Sayenga, rédacteur au journal Le Démocrate, tué par balle dans la cour du lycée de Fatima par un élément d’un gang du PK5, alors qu’il regagnait son domicile. Raymond Padou, de la Radio ESCA, ainsi que Patrice Yazenga et Jean-Paul Sakangui, anciens cadres du ministère de la Communication et de l’Agence centrafricaine de presse (ACAP), figurent également parmi les victimes des violences de la Séléka.Ces exemples illustrent les conséquences dramatiques de la violence sur les professionnels de l’information.
Ils soulèvent également la question de l’impunité, notamment lorsque les circonstances de ces crimes ne sont pas pleinement élucidées et que les familles restent dans l’attente de réponses judiciaires. Derrière chaque journaliste victime se trouvent une famille endeuillée, des collègues meurtris et une profession fragilisée.
Au-delà du devoir de mémoire, cette journée rappelle que la protection des journalistes ne doit pas se limiter aux discours. Elle exige des enquêtes sérieuses, des poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes, mais aussi des mécanismes de prévention et de protection pour permettre aux professionnels des médias d’exercer leur métier sans craindre pour leur vie.
