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À Bayanga, dans la préfecture Sangha-Mbaéré, une nouvelle page s’écrit pour des femmes longtemps éloignées des salles de classe. Portées par un courage renouvelé et une détermination sans faille, elles ont décidé de reprendre le chemin de l’école, avec pour objectif de s’émanciper et de se construire un avenir meilleur grâce à l’alphabétisation. Ce réengagement témoigne de la volonté des femmes de cette localité de retrousser les manches afin de contribuer au développement de leur communauté.

Assises de nouveau sur des bancs de fortune, cahiers et stylos en main, ces femmes, réunies au sein de l’Association pour la Lutte contre l’Analphabétisme et la Pauvreté (ALAP), réapprennent à lire, à écrire et à compter, défiant le poids des années et les préjugés. Bien que déjà mères et souvent d’un âge avancé, elles se sont armées de courage pour briser le cercle de l’analphabétisme. Délice Thing exprime sa joie avec émotion : « Je suis très heureuse de revenir à l’école. Aujourd’hui, grâce à cet apprentissage, je sais lire. » Un témoignage qui traduit une véritable renaissance.

Pour Estella Maragandji, l’alphabétisation dépasse le simple cadre de l’apprentissage : elle représente une véritable porte d’entrée vers l’autonomie et la dignité. « Je suis convaincue qu’après cette formation, je pourrai faire quelque chose de concret, maintenant que je sais lire et écrire », confie-t-elle avec espoir.

De son côté, Berthe Goulando, présidente de l’Association pour la Lutte contre l’Analphabétisme et la Pauvreté (ALAP), explique les raisons de la mise en place de cette structure, tout en lançant un appel face aux difficultés rencontrées : « Éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation. Ici, à Bayanga, nous constatons qu’il existe des opportunités pour les femmes, mais ce sont souvent des étrangers qui en profitent. Nous voulons aider nos femmes à apprendre à lire et à écrire, non seulement pour travailler dans des bureaux, mais aussi pour mieux se débrouiller dans la vie quotidienne. Cependant, à la radio, on parle de formations comme la couture, l’hôtellerie ou la coiffure, mais ici, nous ne bénéficions pas de ces opportunités. C’est pourquoi nous demandons aux autorités de nous venir en aide », partage t-elle.

Notons que ces femmes prennent cours dans la salle de l’école sous-préfectorale de Bayanga. À travers cette reprise, elles tracent ainsi le chemin vers un avenir plus inclusif, où le savoir devient un levier d’émancipation et de développement durable. En s’unissant, ces femmes de Bayanga envoient un message fort : il n’est jamais trop tard pour apprendre.

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